La ville de Dieppe située sur la côte d’Albâtre au pied du pays de Caux s’est installée dans la vallée d’un petit fleuve, l’Arques, entre deux falaises de silex et d’argile.
L’estuaire de l’Arques est apprécié des vikings qui, dès 961, le désigne par le mot " deep " (profond) ; c’est là que naît " Dieppe ", sur le territoire normand. Il ne s’agît au X
e siècle que d’un ensemble de masures et de salines situé au Pollet, le quartier des pêcheurs implanté à l’est. Quand, en 1066, Guillaume Duc de Normandie conquiert l’Angleterre, Dieppe s’étend rapidement, à la faveur des échanges de part et d’autre de la Manche, et grâce à la pêche, fructueuse dans la région. Une cité, entièrement en pans-de-bois, est alors construite sur un banc de galets de chaque côté du havre.
Pourtant, en 1195, Dieppe est rasé par Philippe Auguste, roi de France, qui prend ombrage de l’extension du domaine normand. Après l’annexion de la Normandie à la France en 1204, la ville est reconstruite, toujours en bois. Au XIV
e siècle, des remparts et un donjon sont attestés. C’est alors la guerre de Cent ans et, en 1420, les anglais envahissent la cité. Libéré quinze ans plus tard, Dieppe est immédiatement doté de fortifications de pierres, dominées par un château-fort, siège du pouvoir royal jusqu’à la Révolution.
Si la population s’accroît fortement à la Renaissance, où Dieppe connaît son apogée, la morphologie de la ville ne variera plus avant la fin du XVII
e siècle. Là, en 1694, la ville, l’un des premiers ports de France, est à nouveau rasée, cette fois par une flotte anglo-hollandaise, pendant la guerre entre la France et la ligue d’Augsbourg. Louis XIV ordonne la reconstruction immédiate de Dieppe, en conservant globalement la trame de la cité, mais selon les normes de l’urbanisme moderne (élargissement des rues et places, interdiction du pan-de-bois…).
Au XIX
e siècle, Dieppe devient la première station balnéaire