Situé au cœur de la presqu’île du Cotentin, ce pays se différencie de des territoires littoraux qui l’environnent (Hague, Val-de-Saire, Plain et Côte des Iles) par son aspect continental. Limité au sud par de vastes marais, cette région initialement recouverte d’immenses forêts est aujourd’hui dominée par un paysage de bocage au parcelles serrées.
Des trois chef-lieux du Clos du Cotentin, seule Valognes possède un passé antique. La cité romaine détruite durant les invasions du IVe siècle se déplace au Moyen Age au pied de la résidence ducale. L’habitat se concentre alors autour de l’église paroissiale Saint-Malo, attestée depuis le XI
e siècle, et le long de la rivière du Merderet.
Tandis que Saint-Sauveur devient, après les invasions scandinaves, le siège d’une vicomté héréditaire, Bricquebec forme, à compter du X
e siècle, le cœur du principal honneur féodal de la région. Les deux villes se développent en marge de leur imposant château-fort, le long d’axes routiers qui en constituent l’épine dorsale. La création de foires et de marchés, résolument encouragée par les grands féodaux, contribue à l’essor de ces deux bourgs durant la période médiévale.

Passées les destructions occasionnées par la guerre de Cent ans, l’ensemble du Clos du Cotentin connaît un important essor. Le bâti rural et urbain du XVI
e siècle y constitue, aujourd’hui encore, un substrat d’une étonnante densité. Les édifices religieux, souvent rebâtis plus tôt que les demeures particulières, puisent aux ultimes foisonnements décoratifs du gothique flamboyant. L’ornement Renaissance, apparu vers 1530 au château des Galleries de Bricquebec, persiste à travers d’innombrables châteaux et manoirs jusqu’au début du XVIIe siècle.
Tandis que Valognes voit, durant l’époque classique, la construction de nombreux hôtels particuliers et l’établissement de plusieurs établissements religieux, il faut attendre la fin du XVIII
e siècle pour observer, à Bricquebec et Saint-Sauveur-le-Vicomte, une reprise architecturale significative. Au XIXe siècle, de nouvelles fondations monastiques précèdent l’arrivée du chemin de fer et le développement des industries beurrières.

Gravement affectées par les bombardements alliés de juin 1944, Saint-Sauveur-le-Vicomte et Valognes participent après-guerre au chantier national de la reconstruction. Sans modifier en profondeur la topographie urbaine, les travaux des nouveaux architectes ont renouvelés le paysage architectural des deux villes. A l’église Saint-Malo de Valognes, Yves-Marie Froidevaux restaure à l’identique l’ancien chevet flamboyant et l‘accoste d’une nef rectangulaire à l’épiderme de béton brut.