Coevrons-Mayenne


Occupé depuis la préhistoire, le territoire Coëvrons-Mayenne se situe à partir du Moyen Age et jusqu'à la Révolution, dans la province du Maine.


Le peuplement ancien : préhistoire et protohistoire

Le pays Coëvrons-Mayenne conserve les traces les plus importantes d'occupation humaine du département. Elles remontent au Paléolithique. Sur la commune de Mézangers, près d'Évron, au pied du Montaigu, les archéologues ont découvert des objets datant de 400 000 ans avant Jésus-Christ. Le site des grottes de Saulges situé dans la vallée de l'Erve, fut régulièrement occupé au Paléolithique supérieur. Cette vallée était alors une zone privilégiée de contacts entre le Massif Armoricain et les autres régions. La civilisation néolithique a également laissé de nombreux mégalithes. Pour l'âge du bronze, des objets d'origine gréco-latine ont été retrouvés à Thorigné-en-Charnie. Ils témoignent de l'existence d'échanges avec l'aire méditerranéenne. Au second âge du fer, les tribus celtiques venues d'Europe Centrale s'installent définitivement parmi les peuples indigènes. Au nord et au centre de la Mayenne, ce sont les Diablintes, peuplade appartenant au groupe des Aulerques.


L'installation romaine

La conquête de la Gaule par Jules César entraîne la fondation de nouvelles cités, le plus souvent à partir des centres déjà existants. Pour les Diablintes, se sera Noviodunum, aujourd'hui Jublains. La région continue alors d'être un lieu de passage, entre l'est et l'ouest ; depuis Le Mans et Tours vers la péninsule armoricaine, et entre le nord et le sud ; depuis la Manche vers le bassin de la Loire. Un important réseau de voies de circulations se met en place. Placé sur ce carrefour, Jublains est un relais et un lieu d'étape, ce qui renforce son importance stratégique et profite à sa prospérité. Le déclin de la ville s'amorce avec l'invasion de l'Empire par les peuples germaniques.


Le christianisme

A partir du IVe siècle, le christianisme s'implante fortement dans la région. L'évangélisation se fait de façon officielle, sous l'impulsion des évêques, et de façon pragmatique par les ermites. Cependant, le christianisme progresse lentement et les cultes indigènes restent encore très présents par endroit. A la fin du IVe siècle, la cité des Diablintes, privée de grand centres urbains depuis la désaffection de Jublains, est rattachée à la cité des Cénomans (le Mans), préfigurant ainsi l'espace qui allait former le Maine, puis privée d'évêché. La plus grande partie de l'actuelle Mayenne relève dès lors du diocèse du Mans.


Des rivalités féodales

Si la période carolingienne est marquée par une réaffirmation de l'autorité royale, les envahisseurs Bretons et Vikings déstabilisent l'organisation du territoire et ouvrent une ère de violence dans la région. Le calme revient mais dans la seconde moitié du XIe siècle, des rivalités féodales opposent le comte du Maine, la maison d'Anjou et le duc de Normandie. L'épisode du siège de Sainte-Suzanne, dont la place est victorieusement défendue pendant 3 ans par Hubert de Beaumont, vicomte du Maine, face aux troupes de Guillaume le Conquérant, illustre la détermination de la résistance locale contre les prétentions normandes.


Nouvelles constructions et nouveaux décors

Après les troubles de la Guerre de Cent Ans, l'époque moderne est une période paisible pour la région. L'heure est à la reconstruction et à la modernisation architecturale. Les châteaux médiévaux se transforment en élégantes demeures dans le goût de la Renaissance. Les églises ne sont pas en reste. Elles s'agrandissent et se dotent de nouveaux décors. Le territoire sort de son isolement


Le XIXe siècle est marqué par le développement des moyens de transport. Les chemins vicinaux de grande communication sont améliorés à partir de 1823 et deviennent des routes départementales. La navigation fluviale sur la Mayenne est modernisée. L'arrivée du chemin de fer accélère encore davantage le désenclavement des campagnes. En 1855, la ligne Paris-Brest arrive à Laval et en 1857, le tronçon Laval-Rennes est opérationnel. A partir de 1874, plusieurs ligne secondaires sont mises en service. Ainsi, Coëvrons-Mayenne reste un lieu de passage et un carrefour d'influences.