Albertville-Conflans

Au XIe siècle, la famille noble de Conflans s'installe dans la cité et fait construire des maisons fortes à chaque entrée de la ville. La branche cadette édifie le château de la Cour, dont seule subsiste aujourd'hui la tour Sarrasine. Malgré son nom, les Sarrasins n'en ont pas été les constructeurs! De forme carrée, avec un appareillage en harpe dans les angles, cette tour Sarrasine s'élevait sur plusieurs étages et était coiffée d'un toit à quatre pans. Elle assurait la surveillance des vallées qu'elle dominait. Au pied de Conflans, sur un replat, les chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem installent une maison hospitalière, autour de laquelle une agglomération grandit: l'Hôpital-sous-Conflans. Au XIIIe siècle, le comte Amédée V de Savoie lui accorde des franchises en échange de son soutien pour repousser les assauts des seigneurs voisins, les sires de Faucigny et les comtes de Genève. La petite ville de Conflans, située sur la grande voie commerciale qui relie Milan à Vienne, se développe rapidement et devient au XIVe siècle une cité commerciale importante. Pour se protéger des pillards et des soldats désœuvrés des Grandes Compagnies, Conflans fait édifier une enceinte de 6 m de hauteur, tout autour de la ville, percée de deux passages, la porte Tarine du côté de la vallée de Tarentaise, avec deux niveaux d'archères, et la porte de Savoie, dont l'arc brisé en pierres de taille est surmonté d'un blason avec les armes de Savoie. Ces deux portes sont encore aujourd'hui les gardiennes de la cité de Conflans. Deux demeures sont bâties au XIVe siècle dans un style original en utilisant la brique: la maison rouge, avec ses arcades et ses fenêtres géminées à arc brisé et colonnettes et le château Rouge agrémenté d'une loggia en briques, aujourd'hui en restauration.


Annecy

Au cœur de la ville, le palais de l'Ile (XIIe-XVIe siècle) a été le siège de la première seigneurie d'Annecy, avant de servir de prison et d'abriter diverses administrations. Son corps de bâtiment principal, en pierre de taille, remonte au XIIIe siècle. Le château est édifié entre le XII e-XIII e et le XVIIe siècle. Sa partie la plus ancienne est la tour de la Reine. Ancienne église du couvent des Dominicains, Saint-Maurice (milieu du XVe siècle), possède un ample volume intérieur déterminé par une nef unique flanquée de chapelles latérales. Le chœur a reçu une belle peinture funéraire en trompe-l’œil. La chapelle du couvent des Franciscains (1530), actuelle cathédrale, conserve les caractéristiques du style gothique tardif. Sa façade annonce en revanche l'art de la Renaissance, avec ses travées rythmées de pilastres et ses portes sommées de frontons triangulaires.


Chambéry

La crypte carolingienne de Lémenc reste pleine de mystères pour les archéologues: baptistère, martyrium...? Le château des Ducs de Savoie constitue un élément important dans le paysage de la ville. Construit au XIVe siècle, il est embelli au cours des siècles pour les princes de Savoie. Amédée VIII, premier duc de Savoie fait édifier la Sainte-Chapelle, fleuron de l’architecture gothique flamboyante. Elle acquiert sa renommée grâce au Saint-Suaire qui y est entreposé au XVIe siècle. L’architecture civile médiévale est bien représentée. Dans les rues Trésorerie ou Basse-du-Château, quelques boutiques ont gardé leur banc de pierre et leurs volets de bois. L'une des particularités de Chambéry, ce sont les "allées", passages le plus souvent couverts, sous et derrière les maisons. Plusieurs ordres religieux s'installent et jouent un rôle important dans la vie de la cité. Les franciscains abritent les réunions du conseil de ville tandis que le sénat tient audience au couvent des Dominicains. Amédée VIII pose la première pierre de la chapelle des frères mineurs de saint François, aujourd'hui cathédrale. Les bâtiments conventuels sont occupés par les collections du musée Savoisien. C'est le seul couvent du Moyen Age entièrement conservé.


Grenoble

L'un des plus anciens témoins de l’architecture religieuse est l’église cruciforme et à multiples absides, Saint-Laurent sur la rive droite de l’Isère. La crypte ornée d’une colonnade aux VIIe et VIIIe siècles offre un exemple rare de la sculpture du haut Moyen Age. Elle est parvenue intacte malgré les transformations carolingienne et romane de l’église haute. Dressée à l’emplacement de l’antique groupe épiscopal, la cathédrale Notre-Dame, en dépit des transformations du XIXe siècle, conserve dans son gros œuvre sa structure médiévale: la tour-porche du XIIe siècle, chœur et voûte du XIIIe siècle. Avec sa haute et massive tour en brique dominant tout bâtiment alentour, la cathédrale paraît encore comme un symbole de la puissance passée des seigneurs-évêques du Moyen Age. La dépose de la façade en ciment moulée de la fin du XIXe siècle, a rendu visible la disposition de la cathédrale médiévale et la façade primitive de l’église Saint-Hugues attenante. A cet ensemble cathédral médiéval, s’ajoutent les vestiges du baptistère paléochrétien découvert en 1989. Fondée en 1228 par le dauphin Guigues-André, la collégiale Saint-André affirme le pouvoir comtal appelé à concurrencer puis supplanter celui des évêques. A la simplicité du plan et des volumes s’accorde un style pur et dépouillé, accentué par l’emploi de la brique, qui témoigne, en plein XIIIe siècle, de la résistance des provinces méridionales aux conquêtes de l’art gothique de l’Ile-de-France. La tour de l’Ile a été élevée à la fin du XIVe siècle par les consuls afin de renforcer les dépenses du faubourg de l’Ile. Elle a servi de premier hôtel de ville jusqu’à la prise de Grenoble par Lesdiguières à la fin du XVIe siècle.


pays du Lac de Paladru - Les Trois Vals

Dans les premières années du XIe siècle, des chevaliers-paysans occupent en trois endroits les bords du lac de Paladru et édifient des habitats fortifiés, abandonnés vers les années 1040, suite à une montée des eaux. Le site de Colletière à Charavines est en cours de fouille depuis 1972. L'habitat fortifié s'étend sur une plage de craie lacustre protégée par une puissante palissade. Trois grands bâtiments abritent le maître d'un domaine rural entouré de sa famille et de sa domesticité. Cultivateurs, éleveurs, ces paysans-artisans sont également cavaliers, armés d'épées, lances, javelots et arbalètes. Comme pour le Néolithique, l'immersion du site a favorisé l'excellente conservation des matières organiques (bois, cuir...) mais aussi du fer. Après l'abandon des sites lacustres apparaissent les mottes castrales. A Chirens, la fouille de l'enceinte de terre du Châtelard a révélé la présence, sur une plate-forme entourée d'un fossé annulaire, d'un vaste bâtiment en bois occupé durant la seconde moitié du XIe siècle. A ces mottes succèdent les châteaux, comme celui de Virieu et surtout celui de Clermont dont les vestiges actuels ne sont pas antérieurs au XIIIe siècle. Ce château était une fortification complexe à trois enceintes enserrant un monticule surmonté d'un donjon. Le château de Virieu, repris au xvie siècle, possède des parties remontant aux XIIIe-XIVe siècles. Du prieuré bénédictin du Gayet à Chirens subsiste l'église avec son chœur roman du XIe siècle, unique dans la région. Plusieurs maisons fortes sont construites à la fin du Moyen Age comme celle de la Marinière à Montferrat.


Lyon

Le pouvoir exercé par l’archevêque favorise la construction d’édifices religieux. Du groupe cathédral Saint-Jean, Saint-Etienne et Sainte-Croix, il reste la primatiale Saint-Jean, bel édifice roman et gothique ainsi que la Manécanterie au décor polychrome. Les quatre grands ordres mendiants, dominicains, franciscains, carmes et augustins sont présents dans la presqu’île. L’abbaye d’Ainay a perdu ses bâtiments abbatiaux mais conserve les vestiges de trois églises dont la plus ancienne est Sainte-Blandine. Par la sobriété de son décor, l’église, restaurée au XIXe siècle, reste un bel exemple d’art roman. L’église Saint-Nizier, une des plus anciennes de Lyon, et Saint-Bonaventure, église des cordeliers et haut lieu de l’histoire de la ville, témoignent du gothique tardif.


pays de Maurienne et Tarentaise

Du Moyen Age, il reste des édifices religieux et militaires. Les églises les mieux conservées datent de l'époque romane. Saint-Martin d'Aime en est le plus beau fleuron (début du XIe siècle). De plan basilical avec absides, absidioles et crypte sous le chœur de forme carrée, elle représente sans doute un spécimen du premier art roman méditerranéen. Classée monument historique depuis 1865, elle a conservé de belles peintures murales à dominante rouge et ocre du début du XIIIe siècle.
L'art roman est également représenté par l'ancienne église prieurale de Saint-Pierre d'Extravache dont la partie la plus ancienne, l'abside, remonte au XIe siècle, et par le chevet de l'église de Sainte-Marie de Cuines. On peut retenir aussi du XIIe siècle le portail roman tardif de l'église de La Chambre. La cathédrale de Saint-Jean-de-Maurienne remonterait à l'époque de la fondation du diocèse de Maurienne au VIe siècle. Elle est un bel exemple d'adaptation aux différentes périodes artistiques: murs et baies romanes, crypte du XIe siècle, voûtes gothiques, cloître du XVe siècle, fresques du XVIe siècle, autels baroques et porche néoclassique en font un ensemble composite... Pour le XV e siècle, il faut noter également les intéressantes fresques narratives de la chapelle Saint-Grat à Vulmix en Tarentaise, celles de la chapelle Saint-Antoine à Bessans et de la chapelle Saint-Sébastien à Lanslevillard édifiée en I446. La féodalité a laissé dans les vallées de solides édifices conservés de façon inégale comme la tour Montmayeur à base carrée du début du XIII e siècle à Aime, le château de la Bathie en basse Tarentaise (XIIe-XVe siècles) ou encore celui d'Epierre en basse Maurienne (XIVe-XVe siècles).


Samoëns

Le bourg de Samoëns ayant été détruit en 1476 par les envahisseurs bernois à la suite de la défaite savoyardo-bourguignonne de Morat, il ne reste que peu d'édifices antérieurs au xvie siècle, période d'intense reconstruction. Seules, dans l'église Notre-Dame de l'Assomption, la tour clocher et la chapelle Saint-Claude ont résisté au ravage. La tour clocher solidement fondée sur un glacis de pierres de torrents, s'élève massivement appareillée de beaux blocs de forme parallélépipède en cargneule. Deux corniches délimitent les fenêtres plein cintre à meneaux, dont la rangée supérieure abrite l'horloge publique. La tour est surmontée d'un petit toit en pyramide grossière, comme une sorte de cicatrice laissée par la démolition de la flèche octogonale en 1793. Datée de 1437, la chapelle Saint-Claude (aujourd'hui les fonts baptismaux) est située à gauche en entrant dans la nef. Tout y rappelle le gothique flamboyant.


Valence

L'existence d'un foyer chrétien attesté dès 374 après J.-C. se concrétise par le développement précoce d'un groupe cathédral formant une véritable ville dans la ville sous le contrôle de l'évêque et des chanoines. L'église Saint-Jean édifiée au XIe siècle conserve son clocher porche, caractéristique du premier art roman avec son décor de bandes lombardes. La cathédrale, consacrée en 1095 par Urbain II venu prêcher la Ire croisade à Clermont, est d'un style roman dépouillé. Son décor réside essentiellement dans la polychromie des pierres utilisées et dans la simple présence d'un cordon de billettes qui se développe autour de l'édifice. Ses chapiteaux représentent des scènes de l'Ancien Testament. Sa fonction d'église de pèlerinage est attestée par la présence d'un déambulatoire à chapelles rayonnantes qui recelaient des reliques. Des constructions civiles, subsiste un habitat populaire lié à une fonction commerciale. Les arcs de boutiques du rez-de-chaussée sont encore visibles dans la plupart des ruelles de la vieille ville. L'artisan-commerçant présentait sa marchandise sur des étals situés sous ces arcs et résidait dans les étages accessibles par un escalier droit situé sous l'arc le plus étroit.


Vienne

Après les premières invasions des Francs et des Alamans, la ville se resserre en son centre sur la rive gauche. Une citadelle est construite sur la colline de Pipet dès le IVe siècle. Plus tard, au XIIIe siècle, l’archevêque Jean de Bernin fait édifier, sur le mont Salomon, le château de la Bâtie. La communauté chrétienne se développe et Vienne est le siège d’un évêché. Autour du groupe cathédral, de nombreuses églises et monastères s'installent. Le temple d’Auguste et de Livie devient l’église Notre-Dame-la-Vie. La cathédrale Saint-Maurice actuelle est édifiée entre le XII e siècle et le XVIe siècle. Elle présente la remarquable harmonie d’un édifice roman, englobé dans une cathédrale gothique. Ses piliers romans en marbre portent une soixantaine de chapiteaux à feuillages ou motifs historiés du XIIe siècle, chefs d’œuvre de l’art roman viennois. L’église Saint-Pierre, édifice paléochrétien du Ve siècle, un des plus anciens de France, a été basilique funéraire puis église du monastère Saint-Pierre. Elle abrite depuis le XIXe siècle les collections antiques du musée lapidaire. L’église et le cloître de Saint-André-le-Bas sont les deux édifices subsistant d’une riche et puissante abbaye dans la partie nord de la ville. La remarquable collection d’épitaphes témoigne de l’importance de l’église viennoise pendant tout le Moyen Age.