La première ville, à la confluence du Drac et de l’Isère, apparaît au Ier siècle avant J.-C. sous le nom gaulois de Cularo. Occupant un site de gué, puis de pont, la bourgade se trouve au croisement des voies vers la Suisse, l’Italie et la Provence. Elle fait d’abord partie de l’immense cité de Vienne et prend peu à peu de l’importance jusqu’à devenir sous l’empereur Gratien (375-383 après J.-C.), chef-lieu de cité sous le nom de Gratianopolis dont les déformations successives feront Grenoble. L’habitat se concentre à l’origine sur la rive gauche de l’Isère, utilisant une petite éminence à l’abri des crues, tandis que sur la rive droite s’établissent les nécropoles. Au Bas-Empire, la ville reçoit une enceinte fortifiée dont le tracé est encore lisible aujourd’hui dans la topographie de la vieille ville. Au IVe siècle, la cité devient évêché, avec la construction à l’intérieur de l’enceinte d’un groupe épiscopal, c’est-à-dire de plusieurs églises dont un baptistère. La ville ancienne a été conservée dans un remarquable état d’homogénéité, où restent inscrites les traces de ses accroissements successifs.

 

Au Moyen Age, les adjonctions des faubourgs fortifiés ne suffisent plus à contenir la population grenobloise; à l’aube de la Renaissance, Grenoble étouffe derrière ses murailles datant du Bas-Empire. Après la période troublée des guerres de Religion, un homme, Lesdiguières, apporte à la ville sa physionomie moderne. Après s’en être emparé en 1590, il la ceint d’un nouveau rempart, terminé à la fin du XVIe siècle, qui triple sa superficie. Sous son impulsion de nombreuses constructions et d’importants embellissements s’opèrent dans la ville. Les nouveaux quartiers se distinguent du noyau le plus ancien par l’organisation des rues aux tracés polygonaux.

 

Jusqu’au milieu du XIXe siècle, la seule voie possible pour relier Grenoble à Vienne ou Lyon passe sur les flancs du mont Rachais. C’est cette route obligée qu’emprunte Lesdiguières avec ses armées pour prendre la ville en 1590. Son premier souci est de fortifier ce point de pénétration. Grenoble affirme sa fonction militaire avant de devenir tête de pont sur la frontière des Alpes lors de guerres incessantes avec la Savoie. Les imposants ouvrages actuels sont construits de 1820 à 1850. Ils sont contemporains du dernier agrandissement de l’enceinte de Grenoble: ultime phase de l’histoire d’une ville qui reste fortifiée jusqu’à l’explosion urbaine du XXe siècle.

 

 

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