Le site de Soissons, entre deux boucles de la rivière Aisne, aurait été retenu à l’époque augustinienne parce qu’il répondait mieux au besoin d’extension de la ville romaine, sur une large superficie non inondable. A cet endroit de la vallée, les bancs de calcaire souvent apparents à flanc de coteaux, sont aujourd’hui recouverts de massifs boisés contrastant avec l’occupation urbaine du fond de vallée. Au cœur du nouveau réseau routier de la Gaule du Nord, entre les deux métropoles de Reims et d’Amiens, la ville du Haut-Empire s’étend rive droite sur plus de 100 hectares. Le site du théâtre romain, fouillé au XIXe siècle et celui dit du "Château d’Albâtre", ancienne demeure urbaine, témoignent des habitudes de constructions romaines.

 

A la fin du IIIe siècle, Soissons se munit d’une puissante citadelle renfermant une douzaine d’hectares, conséquence des invasions barbares. La présence d’une fabrique d’armes atteste un pouvoir militaire fort. La ville mérovingienne met en scène la rive droite de l’Aisne, chasse gardée de l’abbaye Saint-Médard fondée au VIe siècle. L’extension démographique de la ville fait que cette partie de Soissons, le "bourg d’Aisne", est vite investie par la population.

 

A l’époque médiévale, les fondations religieuses sont nombreuses. Leurs richesses proviennent en grande partie des vastes domaines agricoles dans une région réputée pour la fertilité de sa terre. Autour de la cathédrale, les abbayes Saint-Jean-des-Vignes, Notre-Dame et Saint-Léger forment avec les églises paroissiales un ensemble d’édifices religieux d’une relative densité. Hormis l’extension de fortifications vers le sud, la ville change peu de physionomie.
Devenue capitale provinciale sous Henri IV, la ville se dote d’hôtels particuliers et la rive gauche de l’Aisne, le Mail, est aménagée au XVIII
e siècle. La destruction des remparts au XIXe siècle permet l’aménagement des boulevards et l’accès rapide aux différents quartiers ainsi qu’à la gare nouvellement construite.

 

La première guerre mondiale vient bouleverser le paysage urbain. La reconstruction des années 20 redessine le centre-ville: les espaces de circulation sont élargis, le parcellaire médiéval disparaît au profit d’un nouveau type d’habitat.
Aujourd’hui, la ville de 30000 habitants met l’accent sur son patrimoine monumental et archéologique. La présence du centre départemental d’archéologie, du centre d’étude des peintures murales romaines et l’équipe de recherche archéologique du CNRS contribuent à la renommée de la ville en ce domaine.

 

 

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