La vallée de l’Aisne offre des terres légères et bien drainées qui ont attiré les premiers agriculteurs du Néolithique: les Danubiens. A la fin de la colonisation néolithique en fond de vallée, les hommes s’installent sur les plateaux ou les rebords de plateaux. Vers 3500 ans avant J-C., la période du chalcolithique est marquée par d’impressionnants monuments mégalithiques associés au rituel funéraire (Bazoches-sur-Vesle). Des tombes à char de l’âge du bronze ont également été fouillées révélant un mobilier prestigieux (Pernant). Avec la Tène finale apparaissent les oppidums (Pommiers).

 


L’urbanisation prend un nouveau départ vers 20 avant J.-C. lors de la fondation d’Augusta Suessionum. Les fouilles archéologiques n’ont pas permis de préciser l’emplacement du forum ou des temples mais le site du Château d’Albâtre, au nord de la ville, a révélé un bel ensemble de peintures murales gallo-romaines ainsi que d’importants groupes de marbre. Le castrum du IIIe siècle est encore en partie visible place Mantoue. C’est à Soissons que Syagrius maintient l’autorité de Rome face aux Barbares jusqu’à sa défaite devant le jeune roi franc, Clovis, en 486.

 


La célèbre histoire du vase témoigne du rôle prestigieux de Soissons à l’époque mérovingienne. La ville mérovingienne est connue par les édifices religieux comme l’abbaye Saint-Médard, sépulture royale de Clotaire et Sigebert ou l’abbaye Notre-Dame. Au tournant des IXe et Xe siècles, la résurgence des pouvoirs urbains, laïques et religieux annonce un Moyen Age riche en fondations et en chantiers: l’abbaye Saint-Léger, actuel musée municipal, l’abbaye Saint-Jean-des-Vignes dont les ruines de la façade dominent le paysage urbain. La cathédrale Saint-Gervais - Saint-Protais illustre avec le bras sud du transept en hémicycle le premier art gothique de la fin du XIIe siècle. La nef et le chœur ont une élévation classique du XIIIe siècle. Les verrières sont éclairées par des vitraux dont le style est propre à Laon et Soissons.

 


La ville joue un rôle important dans les guerres qui opposent François Ier à Charles Quint. C’est à l’abbaye Saint-Jean-des-Vignes que Charles Quint prépare le traité de Crépy-en-Laonnois. La faiblesse militaire de Soissons entraîne la construction de nouvelles fortifications bastionnées qui englobent le sud de la ville en 1551. La seconde moitié du XVIe siècle est marquée par la peste de 1563 et la prise de la ville par les protestants en 1567. De nombreux édifices religieux sont pillés. L’architecture de la Renaissance est très peu représentée à Soissons.

 


Le présidial, le bureau des finances et l’hôtel de ville, appareillage administratif de la jeune généralité de Soissons, se dressent autour de la Grand’Place, au nord de la ville. De nombreux hôtels particuliers accompagnent cette représentation du pouvoir. Cette période est également marquée par l’épiscopat de Simon le Gras à qui l’on doit la présence de "L’Adoration des bergers" de Rubens à la cathédrale. Autre symbole du pouvoir: le palais de l’Intendance qui témoigne au milieu du XVIIe siècle de l’installation d’une nouvelle autorité. Soulignant le déplacement du pouvoir politique vers le nord de la ville, un nouveau palais, conçu comme une vaste demeure entre cour et jardin, est construit de 1772 à 1775 à l’emplacement de l’ancien château comtal. C’est l’actuel hôtel de ville.

 


En 1821, Soissons est classée "place de guerre". A une époque où la plupart des grandes villes détruisent leurs fortifications, Soissons restaure les siennes. Mais jugées inefficaces lors de la guerre de 1870, celles-ci sont rasées à partir de 1885 et remplacées par des boulevards bordés d’importantes demeures bourgeoises. A noter, l’église Sainte-Eugénie de style néo-byzantin (1880) dans le quartier nouvellement créé de la gare. A la fin du XIXe siècle, Soissons a gardé l’aspect de la ville d’Ancien Régime.

 


La première guerre mondiale bouleverse le paysage urbain. Pendant plus de trois ans sur la ligne du front, le centre-ville est la cible des tirs ennemis. Soissons se transforme en un vaste chantier de reconstruction dès les années 20. Le style Art déco caractérise la plupart des immeubles. Certains d’entre eux, comme la maison Egyptienne ou la maison Néo-Renaissance mettent une touche d’originalité au cœur de la ville. L’unique monument commémoratif dédié à l’œuvre des coopératives de reconstruction, le monument Guy-de-Lubersac, œuvre de Jan et Joël Martel, se dresse sur la place Saint-Christophe. C’est une des premières réalisations en béton armé sculpté (1935). La ville actuelle développe autour de la colline Saint-Jean, le secteur culturel et archéologique.
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