Arles

En 1497, on agrandit la place située devant Saint-Trophime. Quelques années plus tard, les grandes familles reconstruisent leurs demeures. Ce sont les hôtels de Varadier Saint-Andiol, Arlatan, Laval-Castellane qui traduisent leur goût pour la monumentalité et la magnificence : régularité dans le traitement des façades, ampleur de la cour et traits d’italianisme, rares en Provence. Au tournant des années 1550, la prospérité s’installe en Arles : la ville se pare d’un nouveau beffroi (1543-1553) et de nombreuses maisons. L’aristocratie amorce un repli au cœur du centre historique où s’édifient des demeures somptueuses par la qualité, la variété et l’opulence du décor architectural et pittoresque.


Briançon

Les guerres d'Italie et de Religion relèguent au second plan le rôle commercial de la route du Montgenèvre et par là même celui de Briançon, au profit d'un rôle militaire et politique. Au moment du plein essor de la Ligue à Briançon, quelques notables fondent, en 1582, une confrérie des Pénitents noirs et édifient une chapelle dans le quartier de Roche. La Renaissance n'a pas laissé d'édifices majeurs. Cependant, la maison du Temple est construite en 1575, comme l'atteste la date figurant sur la clef d'un arc du rez-de-chaussée. Le style des façades se rattache par la composition générale et le traitement de détail à la manière italienne.


Carpentras

L'essor lié à la présence des papes en Avignon et dans le comtat reflue aux XVe et XVIe siècles. Mais Carpentras reste une capitale administrative et religieuse, en témoigne l'actuel beffroi de la ville qui marque l'emplacement du premier hôtel de ville. La tour ronde du beffroi de Caromb datant de 1562, coiffée d'un joli campanile en fer forgé, la porte-tour de Saint-Didier (XVe), vestige de l'ancienne enceinte, ou encore la grande Bastide fortifiée du XVIe siècle à Velleron, sont des restes d'architectures rurales défensives et civiles de cette époque. Le château du Barroux d'aspect fortifié s'harmonise bien avec ses remaniements de la Renaissance. Le château des seigneurs de Thézan, à Saint-Didier, atteste du style Renaissance avec sa porte et ses fenêtres à meneaux en façade, sa porte ogivale à tourelle.


Fréjus

Dans le courant du XVIe siècle, une troisième et dernière enceinte est édifiée, englobant les quartiers neufs. Bâtie en appareil irrégulier, elle est scandée de tours circulaires dont certaines sont encore visibles dans sa partie septentrionale et méridionale. Implantée dans le faubourg ouest par l'ordre des Minimes, la chapelle Saint-François-de-Paule (et le cloître aujourd'hui disparu) est un bel exemple de gothique tardif très fréquent en Provence. La permanence de ces traditions gothiques mêlées à l'ornementation de la Renaissance se retrouve dans le décor sculpté des portes de la cathédrale ; le linteau porte la date du 1er avril 1530.


Grasse

Ville frontière depuis l’annexion de la Provence à la France, Grasse n’est pas épargnée par les troubles du XVIe siècle. En 1536, Charles Quint franchit le fleuve Var et une partie de ses armées se dirige vers la ville, livrée au pillage et en partie incendiée. Puis la ville est durement frappée par les guerres de Religion, fidèle à Henri IV elle s’oppose à la Ligue. En 1827, le sieur Pérolle lègue aux hospices de Grasse trois tableaux que Pierre-Paul Rubens (1577-1640) avait peints pour la chapelle Sainte-Croix de Jérusalem à Rome, visibles dans le collatéral sud de la cathédrale.


Menton

L’efficace poste impériale romaine, le Curcus, organisée par Auguste, n’a laissé qu’un souvenir sur notre territoire : la Via Julia-Augusta, partie de la voie Aurélienne qui allait de Rome jusqu’en Arles. Le tronçon qui nous intéresse, reliant les Alpes-Maritimes (capitale : Cimiez) à la Gaule Transalpine, fut amélioré par l’empereur Auguste et prit le nom de Via Julia-Augusta. Elle passait par Vintimille, au bas des Rochers-Rouges (actuelle frontière franco-italienne), traversait le territoire de Menton, desservait la station de Lumone au Cap-Martin, et s’élevait jusqu’à La Turbie. Disparue de nos jours, certaines des bornes qui la jalonnaient sont conservées au Musée d’Anthropologie Préhistorique de Monaco et au Musée Tuck de La Turbie.