Arles

L’aristocratie s’affirme dans une somptueuse demeure, l'hôtel du Baron de Chartrouse, ce maire qui entreprend en 1824 le dégagement des Arènes et remet en valeur le patrimoine bâti. Vieille ville portuaire, Arles perd son monopole de la navigation sur le Bas-Rhône, les chemins de fer dès 1848, et Saint-Louis à partir de 1882, lui retirent toute son importance passée. La Roquette se vide de ses marins qui représentaient avec leurs familles près du tiers de la population de la ville. Mais la ville trouve un second souffle dans l’industrie. Dès 1848, des ateliers recouvrent les Alyscamps et attirent une nouvelle population. Un peu plus tard, des ateliers de construction navale apparaissent à Barriol, des dragues fabriquées à Arles sont livrées dans le monde entier. La population rurale, qui constituait encore 40 % des habitants de la ville vers 1850, quitte la cité. En moins d’un demi siècle Arles devient une ville ouvrière. De nouveaux bâtiments à usage collectif apparaissent : poste, écoles, théâtre, magasins. Le Second Empire réalise quelques percées comme la rue Gambetta et la rue Jean Jaurès. Le décor architectural, néoclassique au début du XIXe siècle, devient plus éclectique après 1850.


Briançon

Une toute nouvelle industrie, le travail de bourre de soie (dite la schappe) donne à l'activité économique une impulsion vigoureuse et fait de Briançon une ville industrielle. La manufacture occupe un important bâtiment (18x125 m, sur cinq niveaux) dans le quartier Sainte-Catherine et accueille au tournant du siècle plus d'un millier d'ouvriers. Cet essor industriel permet l'implantation d'une gare en 1884. L'armée se fixe profondément dans la ville en y casernant le 159e RIA. Briançon modernise son ensemble fortifié avec le système dit de "Seré de Rivière" adapté aux obus-torpilles et à l’artillerie rayée, plus récents. Ces forts, nés à la fin du siècle, sont placés sur les sommets, en amont des forts XVIIe et XVIIIe siècles.


Carpentras

L'urbanisation de Carpentras gagne les quatre voies d'accès, la ville déborde des remparts qu'on finit par démolir. Au milieu de ce siècle, le passage Boyer, la rue " vitrée ", est élevé pour relier aisément les petites halles et le marché aux pommes de terre. On y accède par deux larges porches voûtés d'arêtes, des boutiques modernes sont réparties le long de travées régulières. La fin du siècle est marquée par d'importants travaux. L'Hôtel de Ville, construit au XVIIe siècle, est réaménagé au XVIIIe siècle et doublé en 1891. Au même moment la place de l'Hôtel de Ville est créée par la destruction de la Juiverie. Dans les villages l'urbanisation est modifiée. Le Cours Stassart (Vacqueyras), bordé de platanes, est une création du XIXe siècle. Le lavoir s'installe naturellement à côté de la fontaine dans les équipements publics. Le canal de Carpentras est inauguré en 1853 et mis en service en 1869 ; alimenté par la Durance, il permet l'irrigation des plaines du Comtat.


Fréjus

Suspendu durant la période révolutionnaire, le siège épiscopal est rétabli en 1823. L'aile occidentale du palais des évêques est alors détruite pour vétusté, et l'on édifie, en retrait, la façade néoclassique d'une nouvelle aile (actuellement occupée par l'hôtel de ville). De luxueuses villas sont construites, souvent entourées de jardins ou de parcs paysagers, telles la Villa Aurélienne ou la Villa Marie (bibliothèque municipale) qui, bien que datée de 1906, reflète encore largement l'esthétique du siècle précédent.


Grasse

Grasse se spécialise dans la production de matières premières de parfumerie et adapte à cette activité les principes issus de la révolution industrielle. De nouvelles machines et de nouvelles techniques d’extraction sont inventées, en particulier l’extraction par solvants volatils pour laquelle l’industriel grassois Léon Chiris acquiert les premiers brevet en 1894. Le succès grandissant des parfums entraîne une expansion des besoins en matières premières végétales fraîches. C’est pourquoi, en quelques années, les campagnes environnantes se couvrent de plantes à parfum dont la qualité fait l’unanimité. Les parfumeurs installent leurs usines à la périphérie de la ville dans les anciens couvents désaffectés lors de la Révolution française. Parallèlement, Grasse devient un lieu de villégiature. La reine Victoria y séjourna, la baronne Alice de Rothschild y possédait un domaine de 135 hectares. La princesse Pauline, sœur de Napoléon, aimait s’y reposer l’hiver : du jardin qui porte son nom on découvre le panorama de la ville.


Menton

En 1861, le Rattachement de Menton à la France coïncide avec l’essor du tourisme qui rend nécessaire le lancement d’un vaste programme de travaux. Le port, commencé en 1857 est terminé en 1878. En 1869, la Compagnie de Chemin de Fer P.L.M. relie Monaco, Menton et Vintimille au réseau qui s’arrêtait à Nice. Le Second Empire met en chantier la Corniche du bord de mer, terminée en 1881. A partir de 1872, la ville s’agrandit, de nouvelles rues sont ouvertes : avenue de la Gare (1878), promenade du Midi (1863-1878), boulevard de Garavan appellé le " Rêve babylonien " (1882-1887), élargissement du quai Bonaparte et contournement du quartier de la Ciapetta (1902). Dès 1850, Menton, station touristique en vogue, connaît une période florissante jusqu’à la veille de la Première Guerre mondiale. Des hôtels de luxe sont construits : l’hôtel de Russie et d’Allemagne, l’hôtel Riviera, le Winter-Palace, les Iles Britanniques, l’Alexandra, l’Astoria, l’Orient, l’Impérial, etc.