Arles

La fondation de la colonie romaine d’Arelate en 46 avant J.-C. par Jules César entraîne une véritable réorganisation de la ville indigène. La mise en place du réseau viaire, de l’enceinte et des principaux monuments n’est pourtant datée que de la fin du 1er siècle avant J.-C., sous le principat de l’empereur Auguste. Le quadrillage de rues organisé autour de six axes principaux nord-sud (le cardo) et est-ouest (le decumanus), est encore bien perceptible. Les monuments publics s’inscrivent dans cette trame : forum au coeur de la cité, théâtre à flanc de colline. La ville était entourée par une enceinte. Des restes de docks ont été trouvés à Trinquetaille, confirmant l’importance vers l’amont, du port et des chantiers navals d’Arles. L’amphithéâtre est édifié vers 80 mais c’est seulement à partir de 149 que le cirque va être construit le long du Rhône, à l’extérieur des murailles. Au IVe siècle sont édifiés les Thermes de Constantin. Le rôle politique et religieux d’Arles se renforce avec le transfert d’administrations impériales, les séjours de l’empereur Constantin et la tenue de conciles dont celui, très célèbre, de 314. Le cimetière des Alyscamps prend une ampleur considérable grâce à la vénération du martyr saint Genest, greffier romain décapité à Trinquetaille et enterré aux Alyscamps.


Briançon

Les prospections archéologiques ont permis d'évaluer à Briançon une agglomération antique de 25 hectares. Elle possédait un amphithéâtre de vastes proportions (soixante sur quatre-vingt-dix mètres). Cet édifice de spectacle révèle la vitalité du centre urbain et la capacité de ses notables à investir dans de grands programmes d'équipement urbain. Aux premiers temps de la romanisation, l'implantation du centre de la civitas s'est faite sur le secteur du Champ de Mars. C'est là que se percevaient les taxes douanières. Le quartier Notre-Dame a révélé des traces d'un ensemble urbain parcouru par des collecteurs et alimenté par un aqueduc. Les thermes sont le seul édifice identifié. Ce type de mise en place traduit une nouvelle politique urbaine qui émerge vers la 1ère moitié du 1er siècle. La découverte de vestiges gallo-romains encore en élévation, appartenant à une tour, et conservés dans le remblai des fortifications sud du XVIIe siècle, laisse supposer l'existence d'un important système défensif qui aurait délimité l'espace urbain à la fin du IIIe siècle ou au début du IVe siècle. Le nom de la ville est alors Brigantium.


Carpentras

En 46 av. J.-C., sous Jules César, Carpentorate (Carpentras), centre d'échanges de la tribu celte des Méminiens, devient un relais routier des colonies romaines. Les mosaïques, les inscriptions, les lampes à huile retrouvées et réunies au musée lapidaire de la ville, témoignent de la richesse de la cité. L'Arc romain de Carpentras date de la période augustéenne. Percé d'une seule arche, il offre, sur ses faces latérales, un décor sculpté pour l'essentiel bien préservé. Oppidum pré-romain perché sur sa butte de safre, Bédoin a connu la splendeur des domaines gallo-romains. Grâce à des fouilles menées depuis 1995, une villa gallo-romaine du IIe siècle a été découverte au hameau des Bruns, ainsi qu'une autre en bas de Venasque.


Fréjus

Comme son nom l'indique, Forum Julii était probablement, à l'origine, un marché fondé sur la route vers l'Italie. La création d'un port militaire en a fait un point stratégique pour la défense des côtes de Narbonnaise. Le bassin (aujourd'hui comblé), creusé à l'intérieur des terres dans une zone marécageuse, était relié à la mer par un long canal. Sont encore visibles le tracé des quais sud et est ainsi qu'un monument appelé "Lanterne d'Auguste", implanté à la jonction du bassin et du canal et qui servait d'amer aux marins. La ville est dotée d'un théâtre, d'un amphithéâtre (édifié hors les murs), ainsi que de thermes publics. Un aqueduc alimente Fréjus en eau depuis une source située à une quarantaine de kilomètres en amont (Mons). La fouille d'un quartier d'habitation antique (Clos de la Tour) a révélé, il y a quelques années, le buste d'un hermès bicéphale devenu, depuis, l'emblème de la ville.


Grasse

La population autochtone de la fin de l’âge du fer semble avoir été assez vite assimilée par les Romains. Les enceintes de pierres sèches qui protégeaient leurs camps sont visibles sur de nombreux sommets entourant la ville. Des éléments, tel un superbe buste en marbre de l’empereur Auguste trouvé dans le proche village du Tignet, semblent indiquer une certaine prospérité de la région.


Menton

L’efficace poste impériale romaine, le Curcus, organisée par Auguste, n’a laissé qu’un souvenir sur notre territoire : la Via Julia-Augusta, partie de la voie Aurélienne qui allait de Rome jusqu’en Arles. Le tronçon qui nous intéresse, reliant les Alpes-Maritimes (capitale : Cimiez) à la Gaule Transalpine, fut amélioré par l’empereur Auguste et prit le nom de Via Julia-Augusta. Elle passait par Vintimille, au bas des Rochers-Rouges (actuelle frontière franco-italienne), traversait le territoire de Menton, desservait la station de Lumone au Cap-Martin, et s’élevait jusqu’à La Turbie. Disparue de nos jours, certaines des bornes qui la jalonnaient sont conservées au Musée d’Anthropologie Préhistorique de Monaco et au Musée Tuck de La Turbie.