La vallée de l'Argens recèle plusieurs sites en terrasses (en bordure nord de la vallée de l'Argens), ou des habitats de grotte (Malinfernet, Bouverie). De nombreux mégalithes sont encore visibles dans les massifs de l'Estérel et des Maures. Le relief se prête à l'implantation d'oppida pré-romains (Auriasque, Barban). Sur le site même de Fréjus, les fouilles archéologiques de la Butte-Saint-Antoine ont mis au jour les traces d'une occupation du deuxième Age du Fer qui semblerait correspondre à un premier habitat.



Comme son nom l'indique, Forum Julii était probablement, à l'origine, un marché fondé sur la route vers l'Italie. La création d'un port militaire en a fait un point stratégique pour la défense des côtes de Narbonnaise. Le bassin (aujourd'hui comblé), creusé à l'intérieur des terres dans une zone marécageuse, était relié à la mer par un long canal. Sont encore visibles le tracé des quais sud et est ainsi qu'un monument appelé "Lanterne d'Auguste", implanté à la jonction du bassin et du canal et qui servait d'amer aux marins. La ville est dotée d'un théâtre, d'un amphithéâtre (édifié hors les murs), ainsi que de thermes publics. Un aqueduc alimente Fréjus en eau depuis une source située à une quarantaine de kilomètres en amont (Mons). La fouille d'un quartier d'habitation antique (Clos de la Tour) a révélé, il y a quelques années, le buste d'un hermès bicéphale devenu, depuis, l'emblème de la ville.



L'émergence du pouvoir des évêques se fait sentir dès le Ve siècle, date à laquelle est édifié un premier groupe épiscopal. Seul le baptistère, un des plus anciens de France, nous est parvenu. L'ensemble architectural aujourd'hui visible, érigé entre les XIe et XIIIe siècles, se constitue, outre ce baptistère, d'une cathédrale à deux nefs, du palais de l'évêque et du cloître canonial. Celui-ci offre la particularité d'avoir une galerie inférieure couverte d'une charpente à caissons de bois ornés de nombreuses scènes figurées. La ville s'est resserrée autour de ce noyau monumental, protégé par un rempart dont le tracé se lit dans les rues Jean-Jaurès et Grisolle.

 


Dans le courant du XVIe siècle, une troisième et dernière enceinte est édifiée, englobant les quartiers neufs. Bâtie en appareil irrégulier, elle est scandée de tours circulaires dont certaines sont encore visibles dans sa partie septentrionale et méridionale. Implantée dans le faubourg ouest par l'ordre des Minimes, la chapelle Saint-François-de-Paule (et le cloître aujourd'hui disparu) est un bel exemple de gothique tardif très fréquent en Provence. La permanence de ces traditions gothiques mêlées à l'ornementation de la Renaissance se retrouve dans le décor sculpté des portes de la cathédrale ; le linteau porte la date du 1er avril 1530.

 


Les évêques, seigneurs de la ville, favorisent l'installation de nombreux ordres religieux. Du couvent des Dominicaines ne subsiste que la belle façade de la chapelle, très théâtrale, réalisée en serpentine verte provenant du massif des Maures. En 1794 le conseil municipal en fit le siège du "Temple de la Raison". La présence d'une certaine bourgeoisie est attestée par les façades de quelques hôtels particuliers (Porte aux Atlantes, hôtel des Quatre Saisons...). L'ancien hôtel de ville (rue Jean-Jaurès), construit pour sa plus grande part à la fin du XVIIIe siècle, offre une belle façade symétrique agrémentée d'une loggia.

 


Suspendu durant la période révolutionnaire, le siège épiscopal est rétabli en 1823. L'aile occidentale du palais des évêques est alors détruite pour vétusté, et l'on édifie, en retrait, la façade néoclassique d'une nouvelle aile (actuellement occupée par l'hôtel de ville). De luxueuses villas sont construites, souvent entourées de jardins ou de parcs paysagers, telles la Villa Aurélienne ou la Villa Marie (bibliothèque municipale) qui, bien que datée de 1906, reflète encore largement l'esthétique du siècle précédent.


L'installation des troupes coloniales sur la commune entraîne la construction d'édifices religieux particuliers : la pagode bouddhique (1917-1918) et la mosquée Missiri (réplique de la mosquée Missiri de Djenné au Mali). Une chapelle dédiée à Notre-Dame-de-Jérusalem et destinée à devenir l'église paroissiale du nouveau quartier de la Tour de Mare est conçue par Jean Cocteau. Le poète, décédé en 1963, n'en verra pas l'achèvement. Un dernier ensemble architectural vient marquer le paysage urbain de Fréjus, ce sera le quartier de Port-Fréjus. Ce nouveau port de plaisance est un bassin creusé dans l'alignement du site du port antique, il ouvre à nouveau la ville sur la mer.
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