Point de convergence de cinq vallées (Durance, Clarée, Guisane, Cerveyrette, Orceyrette), à une altitude de 1326m, Brigantin, ancienne cité ligure, devient très vite un important nœud de voies de communication, à l'époque romaine, sur la route Milan-Arles. Suite aux invasions barbares du IVe au IXe siècle, Briançon s'impose au sein du pays Briançonnais et devient la capitale politique et économique. Dauphinoise dès 1024, la ville est le siège d'une châtellenie. Chef-lieu du Grand Escarton, elle est close en 1371, possède un château delphinal et devient un carrefour commercial. Le parcellaire du XIIIe siècle, avec la Grande Rue et les traverses, est parfaitement conservé. L'installation des moines cordeliers marque le quartier de Roche par la construction d'un couvent (fin XIVe) dont subsiste l'église parée de peintures murales des XVe et XVIe siècles. La ville subit deux incendies au XVIIe siècle. Les habitations sont rebâties sur le même parcellaire. Une nouvelle église, la collégiale, sera construite intra-muros au début du XVIIIe siècle.

Pendant les guerres de religion et d'Italie, Briançon occupe une place stratégique. A la fin du XVI
e siècle, un front bastionné renforce le château. Un siècle plus tard, Vauban visite la frontière des Alpes et propose des améliorations et des ouvrages complémentaires à l'enceinte bastionnée de 1690. Les remparts constituent un excellent exemple d'enceinte bastionnée adaptée à un site escarpé.. Pendant la guerre de succession d'Espagne, Briançon est la clef de voûte de la défense de l'armée des Alpes. De 1709 à 1712, on édifie la redoute des Salettes et les camps retranchés des Têtes et du Randouillet. A la paix d'Utrecht (1713), qui voit trois escartons passer à la Savoie, la ville devient une place forte de première ligne. D'importants travaux sont menés entre 1724 et 1734 : le fort des trois Têtes est érigé sur la rive gauche de la Durance ainsi que les forts du Randouillet d'Anjou et la redoute du Point du Jour. Le pont d'Asfeld, réalisé entre 1729 et 1731, permet de conserver l'efficacité des ouvrages de la rive gauche de la Durance et de rester en liaison avec la ville.

Les deux siècles suivants, les ingénieurs militaires montent à l'assaut des sommets environnants la ville et y installent des forts répondant au progrès de l'armement. Briançon sort de ses murs au XIX
e siècle. De nouveaux quartiers sont créés et des activités industrielles se rassemblent dans le quartier de Sainte-Catherine, proche de la Gare (construite en 1884). Avec l'installation du 159e Régiment d'Infanterie Alpine en 1890, Briançon devient une ville de garnison par excellence. La pratique du ski pour des raisons stratégiques, impulsée par le capitaine Clerc dès 1901, entraîne dans les années qui suivent des concours internationaux, puis, dans la seconde moitié du siècle, la création de stations de sports d'hiver. Briançon se dote en 1989 d'une télécabine montant à l'assaut du sommet du Prorel permettant de rejoindre le domaine skiable de Serre Chevalier. Aujourd'hui, Briançon, sous-préfecture de douze mille habitants, continue d'assumer son rôle de carrefour, et met en valeur son riche héritage monumental et urbain. En témoigne la création en cours d'un secteur sauvegardé.
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