Boulogne-sur-Mer

L’activité monumentale jusqu’en 1940 s’inscrit dans la continuité du XIXe siècle mais se concentre néanmoins exclusivement dans le domaine de l’habitat. De l’Art nouveau, Boulogne n’a reçu que les échos, tandis que le style balnéaire est bien représenté à la station voisine de Wimereux. Grande-Rue, la résidence Dervaux constitue l’immeuble le plus remarquable de l’entre-deux-guerres; la géométrie de la façade, où s’affiche le béton, annonce l’Art déco. Le XXe siècle a surtout laissé son empreinte dans l’architecture de la reconstruction. Parallèlement aux grands bouleversements urbanistiques mis en œuvre par le plan Vivien, la ville se dote d’un patrimoine renouvelé et modernisé: trois églises paroissiales, une architecture privée convertie sur le mode de l’habitat collectif, que symbolisent les quatre blocs face au port. En centre-ville, la reconstruction s’est faite dans le plus grand respect de l’environnement traditionnel; le tissu ancien a été préservé même si on note un élargissement systématique des rues. Dans les années 90, la construction de l’université illustre de nouvelles vocations. Mais le centre national de la Mer, Nausicaà, la nouvelle chapelle des Marins (1996) et la naissance d’une architecture industrielle contemporaine à Capécure, comme la gare de marée, confirment la tradition maritime et la vitalité du premier port de pêche français.


Cambrai

En 1918, tout le centre est à reconstruire. En retenant Pierre Leprince Ringuet comme lauréat du concours d’aménagement, d’embellissement et d’extension, la municipalité choisit le parti de la modernité. La ville est réorganisée autour de l’hôtel de ville dont la façade du XIXe siècle est conservée et la Grand-Place agrandie. La vie administrative et économique est concentrée sur les places de la République et Aristide-Briand. La voirie est entièrement redessinée. L’avenue de la Victoire, rectiligne, relie aisément l’hôtel de ville à la porte de Paris. La communication entre boulevards, canal et gare est facilitée. Un habitat de qualité emprunte son architecture au courant régionaliste, teinté d’éléments d’Art nouveau et d’Art déco. Les architectes ont donné un caractère original et homogène aux quartiers reconstruits (place A.-Briand et de la République, avenue de la Victoire, mail Saint-Martin, rue Sadi-Carnot) où l’unité générale est tempérée par les décors néo-flamands et les motifs ornementaux diffusés par la compagnie des Arts français. Le théâtre et surtout la chambre de commerce présentent un aperçu de l’œuvre de Pierre Leprince Ringuet, qui s’est entouré de mosaïstes, fresquistes, sculpteurs sur ciment, maîtres verriers, ferronniers de talent. Au lendemain de la seconde guerre mondiale, l’ancienne place au Bois est organisée autour d’un marché couvert à la technique audacieuse. Communiquant dans le passé avec la place Aristide-Briand, elle est aujourd’hui coupée par la Choque, un ensemble de bâtiments caractéristiques de l’architecture des années 50. La rénovation du musée des Beaux-Arts, réalisée en 1994 par J.-F. Bodin et T. Germe, associe préservation du patrimoine et création contemporaine.


Lille

La reconstruction, après la première guerre mondiale, se fait surtout dans le style art déco. Deux exemples parmi tant d’autres: la façade ornée de mosaïques du restaurant "A L’Huitrière" (1928) et l’hôtel de ville (1925-32), construit en brique et béton armé, dont l’aspect extérieur reprend le rythme des rangs de maisons anciennes aux pignons triangulaires. A la fin des années 80, la ville fait appel à l’urbaniste hollandais Rem Koolhaas pour réaliser l’aménagement de la zone des gares sur un espace de 50 hectares. Cette nouvelle extension du centre-ville s’organise avec l’aide de trois grands architectes: Jean Nouvel pour le centre Euralille, Christian de Portzamparc pour la tour du Crédit Lyonnais et Claude Vasconi pour la tour Lille-Europe. Rem Koolhaas crée le palais des Congrès en forme d’ellipse qui alterne verre et matériaux bruts.


Saint-Omer

Après la gare, inaugurée en 1904, il faut attendre les quinze dernières années pour voir de nombreux îlots d’habitat ancien remplacés par des programmes contemporains respectueux de la tradition de Saint-Omer de construire en briques jaunes.