Boulogne-sur-Mer

Zone frontalière en conflit quasi permanent jusqu’au traité des Pyrénées (1659), la région septentrionale de la France a peu connu l’art de la Renaissance. Les constructions préservées, comme l’hôtel du Croissant, rue de Lille -la plus vieille maison de Boulogne-, montrent qu’au XVIe siècle, on restait volontiers fidèle aux modes architecturales du Moyen Age. L’activité monumentale se consacre encore beaucoup à la défense: de grands travaux sont menés sur les fortifications tant par les Français que par les Anglais qui détiennent la place de 1544 à 1550. Suite au progrès de l’artillerie, François Ierprotège les flancs les plus exposés du château comtal par l’érection d’un épais blindage de maçonnerie; c’est sans doute à la même époque que les tours de l’enceinte urbaine sont arasées au niveau des courtines, elles-mêmes privées de leurs crénelages et renforcées de remparts.


Cambrai

Grâce à sa neutralité, la ville accueille en 1529 Marguerite d’Autriche et Louise de Savoie, signataires de la Paix des Dames. L’hôtel Saint-Pol en est le seul souvenir. En 1543, Charles Quint met fin à cette indépendance et, pour asseoir son pouvoir, fait construire une citadelle par Di Boni. Cette forteresse bastionnée commande à la fois la ville et la campagne. Bien qu’en partie démantelée à la fin du XIXe siècle, elle est la dernière des citadelles impériales conservées de l’Europe du Nord-Ouest. Paquebot enseveli, elle garde un réseau de galeries de contre-mine de 7 km, sa porte principale, son ancienne porte et quelques bâtiments des XVIe, XVIIIe et XIXe siècles. La maison dite Espagnole est un autre souvenir de l’appartenance aux Pays-Bas espagnols. Cette maison à pans-de-bois est représentative de l’habitat privé du Moyen Age et du XVIe siècle qui constitue les 2/3 du parc immobilier de la ville au début du XVIIIe siècle.


Lille

L’aspect de la ville reste modeste avec une architecture plutôt rudimentaire où demeurent tisserands, commerçants et artisans. Les Nouvelles Boucheries (1550) et la halle Echevinale (1593) sur la Grand’Place ont disparu, l’une pour laisser construire dans les mêmes volumes, la Grande-Garde (1717), l’autre pour permettre le percement des rues à la fin du XIXe siècle. Seul, l’hôtel Beaurepaire (1572), 6, rue Saint-Etienne offre encore ses vestiges. Cet ancien refuge des templiers présente une façade à portique sur deux niveaux. La finesse de l’ornementation (génies minuscules, médaillons sertissant des rosaces, rinceaux feuillus aux arabesques contournées, colonnes en forme de candélabre) rattache l’ensemble à la Renaissance française.


Saint-Omer

Au n° 9 de la Grand’Place, s’élève l’ancienne maison de Scelle (1593) où était conservé le sceau de la ville. Malgré des remaniements, elle témoigne de l’art de la Renaissance, avec son niveau supérieur rythmé par un ordre de colonnes à chapiteaux ioniques. Dans la cathédrale, le mausolée d’Eustache de Croÿ illustre la nouvelle esthétique de l’art funéraire: le défunt est représenté nu, à l’antique. Les progrès techniques du XVIe siècle expliquent la virtuosité de l’Horloge Astronomique (1558).