Boulogne-sur-Mer

Son patrimoine fortifié de grande ampleur est un des rares ensembles conservés dans le Nord. Au cœur de la haute ville, alors toujours protégée par les murailles antiques, est construit, à la fin du XIIe siècle, le donjon du premier château comtal (connu) dont les caractéristiques sont romanes. Peu après, il est cédé aux bourgeois qui l’aménagent en beffroi, partiellement restauré au XIIIe siècle. Ce changement d’affectation s’est fait lorsque le comte Philippe Hurepel, successeur de Renaud de Dammartin battu à Bouvines, décide d’élever sur un autre site, un nouveau château à l’angle oriental des fortifications dont c’était le point faible. Partiellement construite sur les murailles antiques, la forteresse, achevée en 1231, illustre les nouvelles tendances de l’architecture castrale mises au point sous le règne de Philippe Auguste. Elle se caractérise par l’absence de donjon, son plan polygonal et ses angles flanqués de 9 tours. Philippe Hurepel enserre en même temps la ville haute de nouvelles fortifications qui enchâssent les murailles du IVe siècle. Cette enceinte, longue de 1400 m, est flanquée d’une vingtaine de tours et percée de 4 portes dont la porte des Degrés, récemment mise en valeur. De la cathédrale médiévale détruite en 1798, subsistent les vestiges de la crypte romane. Datant du XIIIe siècle pour ses parties les plus anciennes, très remaniée vers 1500, l’église Saint-Nicolas, en basse ville, présente les témoins les plus importants de l’architecture religieuse médiévale à Boulogne.


Cambrai

Les deux principaux édifices religieux, la cathédrale et l’abbaye Saint-Géry au Mont-des-Bœufs, ont été détruits l’un à la Révolution, l’autre au XVIe siècle. Les vestiges lapidaires présentés au musée attestent de leur qualité artistique. Du Moyen Age, Cambrai a conservé un patrimoine fortifié original. Le château de Selles est édifié par les comtes-évêques de Cambrai et du Cambrésis au XIIIe siècle après la signature de la charte communale. Il présente un plan polygonal dont les angles sont flanqués de tours. Ce château fort est muni d’une gaine, corridor aménagé à l’intérieur de la muraille qui se développe sur deux niveaux. Grâce à ce couloir, la communication de tour à tour est facilitée et la défense des abords renforcée. Utilisé comme prison dès le XIVe siècle, le château présente une collection de plus de 1000 graffitis. La guerre de Cent Ans oblige à reconstruire les fortifications. Ce sont 4 000 m de courtines flanqués de 50 tours et fermés par 7 portes qui protègent Cambrai. Ce grand ouvrage fixe jusqu’au XIXe siècle les limites de la ville. Subsistent 4 portes et 2 tours possédant consoles et clés de voûte sculptées, témoins des dynamiques ateliers de sculpture de la ville.


Lille

Du Moyen Age, la ville a gardé une fondation charitable, l’hospice Comtesse fondé en 1237 sous le règne des comtes de Flandres. L’immense salle des Malades (XVe siècle) est couverte d’un berceau brisé en bois, prolongée d’une chapelle (XVIIe siècle). Dans l’aile de la communauté (XVe siècle), aménagée en musée, sont exposés un mobilier flamand remarquable et de nombreux tableaux d’école flamande et hollandaise. Au palais Rihour (XVe siècle), unique témoin architectural conservé du règne des ducs de Bourgogne à Lille, subsistent la chapelle à deux niveaux, une tour octogonale qui renferme un escalier en vis et l’escalier d’honneur. L’ensemble est de style gothique flamboyant. Deux églises, Sainte-Catherine (fin XVe siècle) et Saint-Maurice (XIVe et XVe siècles) sont des "hallekerques" ou églises halles. De l’enceinte médiévale a survécu "la Noble Tour" (XVe siècle), la plus haute des 65 tours et portes existantes.


Saint-Omer

S’il ne reste que des vestiges de l’église abbatiale de Saint-Bertin, chef d’œuvre de l’architecture médiévale, Notre-Dame demeure la seule cathédrale gothique française au nord d’Amiens. Homogène malgré un chantier échelonné du XIIIe au XVIe siècle, l’édifice est d’amples proportions (103 m de long, 30 m de large). Une solide tour-porche en signale l’entrée. Le mobilier funéraire est d’une grande richesse: sarcophage de saint Erkembode (début du IXe siècle), dalles gravées du XIIIe siècle où sont représentés métiers et faits d’armes, gisant de saint Omer (vers 1250). La cathédrale Notre-Dame conserve une œuvre majeure de la sculpture monumentale du XIIIe siècle: le Christ du jugement dernier dit "Grand Dieu de Thérouanne" du portail occidental de la chapelle de Thérouanne, détruite en 1553.