Montauban

 


La présence humaine, très ancienne dans la vallée du Tarn explique l’implantation de villas gallo-romaines autour de Montauban. Les prospections archéologiques ont permis de constituer une belle collection d’objets antiques aujourd’hui conservés au musée Ingres.

 


L’église Saint-Jacques commencée au XIIIe siècle grâce à des taxes somptuaires prélevées sur les riches bourgeois, évoque la prospérité de la cité médiévale. Cette église en brique à nef unique, sans transept ni collatéraux est contemporaine du Pont Vieux (1311-1335). Cet ouvrage d’art compte sept arches brisées munies de becs, un tablier plat qui portait autrefois deux tours de défense et une chapelle dédiée à sainte Catherine. Les salles voûtées du château comtal (1363) perpétuent le souvenir de la présence anglaise à Montauban. Deux clefs de voûtes de la salle d’armes dite du Prince Noir présentent le lion des ducs d’Aquitaine pour l’une, les armes écartelées de France et d’Angleterre pour l’autre. L’hôtel de Bar (rue de la République) présente un beau portail retors, une salle voûtée à liernes et tiercerons et une cour intérieure dominée par une tour consulaire que l’on rejoint après avoir traversé un étroit corridor sur croisées d’ogives retombant sur des culs de lampe historiés. Ayant appartenu à une famille consulaire, cette riche demeure rappelle avec quelques hôtels, le retour à la prospérité dans la seconde moitié du XVe siècle.

 


Le XVIe siècle est marqué par les violents heurts des guerres de Religion. Les calvinistes abattent la voûte et la flèche de l’église Saint-Jacques (1561). Ils ruinent définitivement l’abbaye Montauriol et les couvents des ordres mineurs situés hors-les-murs. Henri de Navarre séjourne à Montauban à plusieurs reprises. Il fortifie la rive gauche de la rivière. Il fonde le Collège de Navarre (1579) où une académie de théologie voit le jour. Cette université draine à Montauban des jeunes gens venus de toute l’Europe. La bourgeoisie protestante qui s’affirme dans la ville adapte ses demeures au style de la Renaissance : l’hôtel de Constans (8, rue de la comédie). Dans un souci de monumentalisation, on plaque des pilastres d’ordre toscan sur les façades médiévales de la Grand’place (1564).

 


Le clocher de Saint-Jacques porte encore les traces du siège de la ville (1621). Les voûtes de la nef et les étages supérieurs du clocher ayant été abattus lors des guerres de religion sont rebâtis "à l’identique" à partir de 1630 sur ordre de Richelieu. La cathédrale (1692-1739) construite en pierre par Robert de Cotte et François d’Orbay marque le triomphe de la religion catholique à Montauban devenue capitale régionale avec l’installation d’une Intendance (1635) et d’une cour des Aides (1661). La place Nationale ruinée par deux incendies en 1614 et 1649 est reconstruite à la demande des consuls par Pierre Levesville et Bernard Campmartin. Achevée au début du XVIIIe siècle, grâce à l’intendant Legendre, elle offre de belles façades classiques en brique qui respectent le tracé de chaque parcelle médiévale. L’évêque Pierre de Bertier ordonne l’édification du palais épiscopal à l’entrée du pont (1664), au dessus des salles médiévales. Conçu comme un hôtel classique, cette belle demeure de brique s’organise autour d’une cour et présente un savant jeu de tables de briques soulignant les horizontales et les verticales de l’architecture. Les belles demeures de la bourgeoisie d’affaires imitent le plan du palais épiscopal et s’inspirent du décor architectural de la place. L’hôtel de Scorbiac (rue Léon de Maleville) et l’ancien hôtel des Intendants (place du Maréchal Foch), témoignent avec les hôtels de la rive gauche du Tarn de l’intense activité que connaît la ville. Les couvents reconstruits ornent leurs immeubles d’un important mobilier baroque.

 


A cette époque, des travaux sur le pont Vieux entraînent la disparition de la chapelle des Mariniers (1828). Les faubourgs se développent (Le Rond, la Gare) et les réaménagements urbains visent à faciliter les relations entre ces quartiers. Le pont des Consuls (1883) enjambe le vallon de la Mandoune et relie enfin Villenouvelle et la ville ancienne. La ville se dote de beaux édifices néoclassiques tels l’ancien hôtel des Postes (place de la cathédrale), l’hôtel Albrespy (allées de Mortarieu), la maison Dorée (grand rue Villenouvelle) ou l’hôtel de Granès (faubourg du Moustier). Les églises Saint-Orens et Saint-Jean, la chapelle de l’Immaculée Conception (faubourg du Moustier) témoignent pour leur part de l’influence de la mode néogothique. Les dernières décennies du siècle voient l’édification des lycées Ingres et Michelet. Ces constructions coïncident avec l’aménagement du jardin des Plantes (1860) et du square Picquart (1896) où sera bientôt construite la bibliothèque municipale.

 


Le pont Neuf (1912), est l’une des plus importantes réalisations du début du siècle. Il résiste aux dramatiques inondations de mars 1930 qui endommagent gravement les quartiers de Sapiac et de Villebourbon. L’aide internationale qui suit permet le financement de nombreux édifices pendant l’entre deux guerres. L’ancienne gare routière (place Lalaque), la biscuiterie Poult (avenue de Mayenne) sont construits dans le style art-déco. Le club nautique est un bel exemple de l’architecture de style "paquebot" tandis que l’école Alexandre 1er (boulevard Garrisson) porte la marque des traditions yougoslaves. L’urbanisme moderne s’étend aux quartiers périphériques et à la vaste zone rurale. On aménage ainsi dans les quartiers est de la ville la cité des Chaumes (1973) et la cité de l’agriculture tandis que les quartiers nord de Montauban voient fleurir quelques belles villas futuristes (rue Morin-Védrines).