Angers

Angers possède un patrimoine médiéval particulièrement riche. L’époque romane est représentée par plusieurs monuments : l’ancien évêché, l’abbaye Saint-Aubin et l’abbaye du Ronceray. Celle-ci propose un voûtement en berceau audacieux, un décor géométrique polychrome et des chapiteaux historiés. De la cathédrale Saint-Maurice qui brûle en 1032, seuls les murs de la nef subsistent. Ceux-ci reçoivent au milieu du XIIe siècle des voûtes d’ogives faisant naître le gothique angevin. La cathédrale offre une nef unique avec une galerie de circulation, un décor sobre et des voûtes bombées contrebutées par de simples contreforts. Cet art gothique angevin dit style gothique de l’Ouest s’est imposé par la multiplication des voûtes et des nervures au début du XIIIe siècle dans le chœur de l’abbatiale Saint-Serge. Cette période est marquée par la monumentale construction de Blanche de Castille, petite-fille d’Aliénor d’Aquitaine et régente de Louis IX : la forteresse et l’enceinte urbaine longue de plus de 4 kilomètres. Résidence royale, ducale, la forteresse accueille la tenture de l’Apocalypse commandée par Louis Ier d’Anjou au XIVe siècle et de nombreuses tapisseries anciennes du Trésor de la cathédrale.


Fontenay-le-Comte

Comparé à l’importance de la ville durant cette période, le patrimoine médiéval est assez peu représenté. Le monument le plus ancien de la ville est la crypte de l’église Notre-Dame, dernier témoignage de l’édifice roman du XIe siècle. Quant au château féodal édifié par les seigneurs de Fontenay, il est en grande partie ruiné, et la plupart des vestiges sont enfouis sous les frondaisons du Parc Baron. Vers le XIIIe siècle la ville haute se dote d’un système de fortifications dont il nous reste des fragments relativement importants. A partir de 1420, après la guerre de Cent ans, la paix retrouvée permet une relance des chantiers en particulier dans le domaine religieux. Trois églises sont construites ou reconstruites : Saint-Jean, Saint-Nicolas (disparu) et Notre-Dame, édifice principal de la paroisse dont la flèche élancée culmine à 82m. L’architecture privée nous a laissé l’hôtel Grimoüard de Saint-Laurent et sa travée de style gothique flamboyant ainsi qu’une très belle maison à pans de bois dans le faubourg des Loges.


Guérande

La naissance de la paroisse est traditionnellement attribuée à un prince vannetais qui aurait construit au 6e siècle un baptistère. Vers 848, Guérande devient le siège d'un évêché temporaire puis d'un collège de chanoines. Important centre religieux, la seigneurie de Guérande est partagée entre l'évêque de Nantes et le duc de Bretagne.
Elle deviendra un enjeu de pouvoir lors de la guerre de succession de Bretagne (1342-1381). La collégiale romane est en grande partie détruite lors du " sac " de 1342. Elle sera reconstruite sous l'impulsion de la nouvelle dynastie des Montfort, tout comme l'imposante enceinte urbaine adaptée aux progrès de l'artillerie (15e siècle). Guérande est à la fin du Moyen Age le centre religieux, administratif et économique de la région, dont la richesse se fonde sur le commerce du sel et du vin. Mais, la ville se confine derrière ses murs et ses trois faubourgs-rues où subsistent des éléments d'habitat civil médiéval. En campagne, une aristocratie rurale construit des manoirs bretons associant souvent au domaine agricole chapelle et moulins banaux à petit pied en bel appareil de granit.


Laval

Les églises, préromanes ou romanes sont caractérisées par la richesse de leurs peintures murales (calendriers de Notre-Dame de Pritz, Saint-Martin, et Saint-Pierre-le-Potier), la sobriété des architectures (Grenoux, Avesnières) et la qualité de la statuaire (chapiteaux zoomorphes d’Avesnières). Cette sobriété se conservera à Laval au travers du gothique angevin (la Trinité).
Marche militaire, la ville trouve son unité dans la fondation du château en 1020 pour Guy Ier de Dénéré qui devient un vassal du comte du Maine. A la fin du XIIe siècle, les troubles locaux et le rôle de frontière de la ville conduisent le seigneur de Laval à ériger un grand donjon circulaire qui porte encore, fait exceptionnel, ses hourds d’origine. D’abord composée d’ensembles épars (bourg chevrel, bourg hersent, etc.), la ville connaît alors une rapide extension. Elle est ceinte de remparts dès le XIIIe siècle, percés de cinq portes dont seule la porte Beucheresse ou porte des Bucherons subsiste.
Le XVe siècle marque pour Laval, au sortir des affres de la guerre de Cent Ans (la ville fut prise par les Anglais en 1427), une nouvelle période d’expansion. L’enceinte se voit complétée par une puissante tour d’artillerie, d’un modèle inédit, la Tour Renaise. Les seigneurs, gouverneurs de Bretagne, se font bâtir à grands frais une salle d’apparat près du donjon de leur château. On entreprend de grands travaux sur le site de la collégiale Saint-Tugal, nouvelle nécropole seigneuriale. La ville à pans de bois est en partie reconstruite. L’aristocratie urbaine se fait bâtir en pierre d’élégantes demeures à tourelles qui se concentrent dans la haute ville (rue des Chevaux). Les abbés de Clermont préfèrent, quant à eux, affirmer leur rang par un décor sculpté porté par les pigeatres de leur hôtel à mur-gouttereau sur rue.


Le Mans

L’importance du patrimoine religieux roman et gothique contraste avec la simplicité du bâti civil. L’architecture composite de la cathédrale Saint-Julien offre une nef des XIe et XIIe siècles où sont réunies les verrières romanes dont celle de l’Ascension datée de la première moitié du XIIe siècle. Le vaste chœur, consacré en 1254, présente un contrebutement exceptionnel au moyen des arcs-boutants tracés en Y. Les bras du transept des XIVe et XVe siècles complètent la cathédrale de lumière qui s’impose comme le plus grand monument de l’Ouest. L’abbatiale Notre-Dame de la Couture, au chœur roman sur crypte, prolongé d’une vaste nef halle du XIIe siècle, présente une façade harmonique au porche richement décoré. Elle renferme un riche mobilier : suaire de saint Bertrand, vierge à l’enfant de Germain Pilon et de nombreux tableaux. L’abbatiale romane du Pré, bâtie sur l’emplacement du tombeau de saint Julien, est voûtée au XVe siècle. La salle des Malades de l’Hôtel-Dieu de Coëffort divisée en trois vaisseaux par de fines colonnes révèle l’état de la recherche architecturale au sein du royaume Plantagenêt à la fin du XIIe siècle. Il ne subsiste de l’ancienne collégiale Saint-Pierre-de-la-Cour que la crypte basse soutenant la masse du chœur très défiguré, avec ses contreforts et les témoins des fenêtres ogivales.
L’architecture civile des XIe et XIIe siècles est représentée du côté de la place de Hallai par les hauts murs du palais comtal et par plusieurs celliers comme ceux de la maison de Scarron ou de la maison Saint-Martin. Tout un ensemble de maisons à pans de bois rappellent la reconstruction de la ville après la guerre de Cent Ans. La rue de la Reine-Bérengère en conserve les plus riches. Les rues pavées bordées de chasse-roues gardent intact le cadre médiéval.


Le pays de Perche-Sarthois

L’occupation se généralise grâce aux missionnaires qui essaiment dans la région et parfois fondent des monastères. C'est le cas à Tuffé, à Saint-Calais ou à Gréez-sur-Roc. Ces fondations religieuses conduisent souvent à la création d’agglomérations mais les troubles du Haut Moyen-Age et les incursions normandes remettent en cause l’organisation territoriale. Cette dernière est restaurée à partir du début du XIe siècle avec le développement de la féodalité qui entraîne la fondation de seigneuries. Les seigneurs locaux, laïcs ou ecclésiastiques, défrichent les terres et les font exploiter aux paysans. Ce qui permet la création de villages mais aussi de villes comme La Ferté-Bernard même si cette dernière n’a initialement qu’un but stratégique.
Très peu d’édifices civils subsistent, en revanche la plupart des églises présentent des vestiges de l’époque romane, même si elles ont été remaniées plus tard. C’est le cas de Saint-Aubin-des-Coudrais, Saint-Gervais-de-Vic, Terrehault ou Lavaré. En revanche, l’architecture civile, surtout noble, s’apparente à la fin du Moyen-Age. A l’issue de la guerre de Cent Ans, la construction, mise à mal, est renouvelée sous l’impulsion d’un nouvel essor économique. C’est pourquoi nous conservons un grand nombre de manoirs (privés) de la fin du Moyen-Age. Ils étaient jadis le siège de petites seigneuries rurales mais au fil du temps ils sont souvent devenus de simples fermes. Le bâtiment qui abrite la mairie de Conflans sur Anille demeure très représentatif de ces manoirs.