Le pays du Perche-Sarthois occupe la bordure orientale de l’actuel département de la Sarthe. Il est composé de petites régions naturelles assez diversifiées. Le paysage est relativement vallonné et bocagé, sauf aux abords de la vallée de l’huisne où s’étendent de vertes et planes prairies. Les plateaux de Bonnétable et Saint-Calais offrent des parcelles d’openfield et de belles forêts (Bonnétable, Vibraye). Les zones intermédiaires entre ces différents secteurs se caractérisent par de petites parcelles closes de haies et ponctuées de bois. Ces paysages résultent de diverses interventions de l’homme.

Le développement de l’érémitisme, entre le V
e et le VIIe siècle, correspond à une phase importante de défrichement notamment autour des monastères de Saint-Calais, Greez sur Roc et Tuffé. Puis il faut attendre le XIe siècle pour que reprennent les essartages, parallèlement au renouveau monastique et au développement de la seigneurie laïque. Des nombreuses mottes féodales présentes sur le territoire, la plus visible est située dans le bourg de Saint-Ulphace. Les fluctuations de population rythment l’apparition et la croissance des agglomérations. Le réseau de paroisses semble être fixé dès le XIe siècle mais ce n’est qu’après la fin de la guerre de Cent Ans que la construction connaît un nouvel essor. Les causes en sont multiples. Outre la nécessité de remédier aux destructions liées à la guerre, comme à la Chapelle Saint-Rémy où l’église est en partie reconstruite entre 1443 et 1517, l’expansion économique et démographique de la seconde moitié du XVe siècle favorise le redémarrage de la construction. On agrandit ou on reconstruit entièrement l’église quand la bourgade est importante, c’est le cas à La Ferté-Bernard et à Saint-Calais. La plupart du temps, ces grands chantiers se prolongent au XVIe siècle.

La Renaissance est une période faste pour le renouvellement du bâti tant rural qu’urbain : le centre historique de La Ferté où les demeures des notables sont reconstruites en même temps que la porte Saint-Julien et les halles en témoigne. C’est également un moment très important pour la création artistique locale, surtout dans les domaines de la sculpture et du vitrail comme le montrent non seulement l’église Notre-Dame des Marais à la Ferté Bernard mais aussi de nombreuses églises rurales dont celle de Saint-Ulphace. A la différence des chantiers publics (églises, équipements publics) qui ne reprennent qu’au XIX
e siècle, la construction privée se développe dès le XVIIIe siècle grâce au regain d’intérêt des nobles pour leurs domaines ruraux et à l’augmentation rapide de la population. L’élite remet au goût du jour ses demeures rurales (façade nord du château de Montmirail), elle restaure également les fermes de ses domaines. Jusqu’au début du XXe siècle, le bâti rural n’évoluera plus guère dans ses formes. Pour les mêmes raisons, le XVIIIe siècle est un moment très important pour le modelage de nos paysages par le morcellement des exploitations et donc du parcellaire.. De plus, les seigneurs interdisent l’accès des paysans à la forêt et les obligent, par les baux, à planter et à entretenir des arbres sur leurs terres, ce qui entraîne une densification du bocage. Ce phénomène se poursuit au XIXe siècle, voire augmente en raison du développement de l’élevage.

En revanche, le bâti urbain est très marqué par le XIX
e siècle et les nouvelles considérations urbanistiques, la nouvelle ville de Vibraye en est un très bon exemple. Les évolutions majeures n’ont pourtant lieu qu’au XXe siècle avec l’augmentation notable de la population urbaine, particulièrement sensible depuis les années 1970 à La Ferté. Ceci résulte du développement industriel de la vallée de l’Huisne et de la diminution du nombre d’actifs agricoles. Le Perche-Sarthois conserve toutefois une agriculture dynamique et performante qui facilite le maintien des bourgs ruraux.