La vallée de l’Huisne semble être un axe de communication et d’installation humaine dès le néolithique (4000 env. avant J.-C.). En témoignent les mégalithes présents dans l’actuel canton de Tuffé, tels le menhir de Pierre Fiche à Duneau ou les dolmens de Vouvray, Duneau et Tuffé. En dehors de ce canton les mégalithes sont rares de même que les autres traces d’occupation préhistorique.

 


Plusieurs voies antiques traversent le Perche-Sarthois. Parmi les plus importantes, l’une d’elles relie Le Mans à Orléans. Ces voies ont laissé des vestiges archéologiques mais également des traces dans la toponymie comme Boëssé ou la Voie à Cherré. De plus, des vestiges d’une villa subsistent à Roche sur la commune de Sceaux-sur-Huisne.

 


L’occupation se généralise grâce aux missionnaires qui essaiment dans la région et parfois fondent des monastères. C'est le cas à Tuffé, à Saint-Calais ou à Gréez-sur-Roc. Ces fondations religieuses conduisent souvent à la création d’agglomérations mais les troubles du Haut Moyen-Age et les incursions normandes remettent en cause l’organisation territoriale. Cette dernière est restaurée à partir du début du XIe siècle avec le développement de la féodalité qui entraîne la fondation de seigneuries. Les seigneurs locaux, laïcs ou ecclésiastiques, défrichent les terres et les font exploiter aux paysans. Ce qui permet la création de villages mais aussi de villes comme La Ferté-Bernard même si cette dernière n’a initialement qu’un but stratégique.
Très peu d’édifices civils subsistent, en revanche la plupart des églises présentent des vestiges de l’époque romane, même si elles ont été remaniées plus tard. C’est le cas de Saint-Aubin-des-Coudrais, Saint-Gervais-de-Vic, Terrehault ou Lavaré. En revanche, l’architecture civile, surtout noble, s’apparente à la fin du Moyen-Age. A l’issue de la guerre de Cent Ans, la construction, mise à mal, est renouvelée sous l’impulsion d’un nouvel essor économique. C’est pourquoi nous conservons un grand nombre de manoirs (privés) de la fin du Moyen-Age. Ils étaient jadis le siège de petites seigneuries rurales mais au fil du temps ils sont souvent devenus de simples fermes. Le bâtiment qui abrite la mairie de Conflans sur Anille demeure très représentatif de ces manoirs.

 


La présence d’une élite proche du pouvoir permet le renouvellement d’une large part du bâti civil et religieux. Ainsi, l’effort de reconstruction se poursuit, notamment à La Ferté-Bernard avec le chantier de Notre-Dame-des-Marais qui inspire celui des églises voisines comme celles de Villaines, Theligny, Avezé…Outre les chantiers d’églises, la construction ou la reconstruction de demeures urbaines s’intensifie comme le montrent de multiples exemples encore visibles dans le centre de La Ferté-Bernard. De plus, dans les campagnes, l’essor démographique entraîne la création de nombreuses fermes à l’écart des villages. Dès cette période, le réseau d’habitations est à peu près fixé jusqu’à la Révolution.
Puis, les Guerres de Religion infléchissent largement la construction. La ville de La Ferté est aux mains des ligueurs tandis que les protestants sont implantés dans la région de Bonnétable. La zone située entre ces deux entités géographiques fait ainsi l’objet d’une mise en défense des églises. Un porche à échauguettes à Saint-Georges, des canonnières simples à Saint-Aubin et tournantes à Nogent en témoignent. En dehors de ce phénomène, qui demeure très limité, les troubles de la seconde moitié du siècle sont peu propices à la construction.

 


Dans l’esprit du concile de Trente, les paroisses se préoccupent du décor intérieur des églises. C’est le moment où l’on délaisse l’art du vitrail au profit des retables. Cette évolution se poursuit jusqu’à la Révolution, Duneau compte parmi les plus importantes réalisations avec ses cinq retables baroques. La construction civile, au XVIIIe siècle, est prolifique en raison du retour des nobles sur leurs terres. En effet, après un siècle d’abandon, les domaines ruraux ont souffert et font donc l’objet de travaux importants quand s’il ne s’agit pas de leur reconstruction. Le meilleur exemple que l’on conserve est le château de Montmirail dont la façade ouest a été remise au goût du jour.

 


Villes et villages sont l’objet de travaux d’urbanisme. On élargit les routes, en crée de nouvelles, on dégage les abords de l’église par le transfert du cimetière et on dote les bourgs d’équipements publics tels les bureaux de poste, les lavoirs, les mairies et les gares. Parmi ces derniers éléments, les meilleurs témoins conservés sont visibles sur la ligne de chemin de fer Mamers Saint-Calais à Tuffé, Prévelles et Bonnétable. L’ensemble le plus cohérent de cette période est celui de Saint-Calais où la municipalité bénéficie de la vente de l’abbaye en tant que bien national en 1792. Grâce à cet achat, la municipalité dispose d’un ensemble qu’elle va restructurer au cours du XIXe siècle comme le montrent l’ancien hôtel de ville, la bibliothèque, le théâtre, les halles et l’actuelle mairie. Cependant cet ambitieux programme ne peut être adopté au même niveau partout. Certains villages gardent leur topographie ancienne, c’est particulièrement le cas des villages de Sable, Jauzé ou Courcival.

 


La population agricole est en régression constante tandis que l’industrie agro-alimentaire se développe depuis la Seconde Guerre mondiale. La révolution agricole entraîne une évolution des espaces ruraux, les exploitations traditionnelles (bordages) disparaissent au profit de plus grandes fermes, ce qui conduit à l’implantation de bâtiments de type industriel. Cependant, ces évolutions récentes et partielles n’ont pas eu raison du bâti traditionnel dont les modes de construction et les matériaux vernaculaires ont été utilisés jusqu’à notre époque. En outre, le bâti urbain s’est considérablement développé, donnant lieu dès la fin des années 20 à l’implantation des premiers logements de type HBM. Parallèlement les lotissements pavillonnaires se développent non seulement dans la ville de La Ferté-Bernard mais dans toutes les bourgades un peu importantes.