Nantes, ville ligérienne,
s'étire sur la rive nord du fleuve à près de 60 km de l'embouchure. Aux
rythmes mêlés des crues et des marées, en amont d'une fracture du massif
hercynien dont témoigne la butte Sainte-Anne, s'ancre un premier site
attesté dès le premier siècle. Au confluent de la Loire et de l'Erdre,
se développe une cité de 16 hectares.
Au XIIIe siècle,
l'extension de la ville close au faubourg de Saint-Nicolas, induit le
déplacement du carrefour central du Pilori au Change. La place du Bouffay,
à l'emplacement de la cour du premier château, concentre au XVe siècle
les pouvoirs municipal, judiciaire et monétaire tandis que s'ouvrent les
chantiers de la cathédrale (1434) et du château (1462). La Cour du duché
s'installe définitivement à Nantes en 1460, y stabilisant la première
Chambre des Comptes à l'emplacement de l'actuelle préfecture.
Le glissement de
la ville vers l'estuaire se précise au XVIe siècle, après l'union de la
Bretagne à la France en 1532. Dans le faubourg de la Fosse, négociants
et armateurs se côtoient et les premiers chantiers navals voient le jour.
On projette une extension bastionnée de l'enceinte, au faubourg du Marchix
situé autour de l'église Saint-Similien (1574). La même année, le pouvoir
municipal investit, sous le futur bastion, un hôtel particulier, aujourd'hui
absorbé par l'hôtel de ville.
Dès le début du
XVIIIe siècle, le port est livré aux ambitions unificatrices des ingénieurs
: des quais en amont et en aval d'une nouvelle Bourse, l'investissement
des îles, la mise à l'alignement de la Fosse, et dans la ville intra-muros
le traitement des voies perpendiculaires à la Loire fluviale. A partir
de la destruction des murailles (1755), les transformations seront confiées
à J.B.Ceineray, auteur d'un plan d'embellissement et à M. Crucy, l'architecte
des quartiers neufs bâtis au-dessus de la Fosse.
La canalisation
de l'Erdre et l'édification de ponts, au début du XIXe siècle, multiplient
les liaisons entre la ville ancienne et les quartiers récemment dessinés
près du port jusqu'à la place Mellinet. La seconde moitié du siècle confirme
l'éclatement de la ville intra-muros avec la démolition du château du
Bouffay et le percement de la rue de Strasbourg. Les boulevards de ceinture
en marquent désormais les limites.
L'agglomération
du XXe siècle (450 000 habitants aujourd'hui) oscille entre la perte et
la reconquête de ses îles. Les comblements de deux bras de Loire et celui
de l'Erdre jusqu'au Port Communeau (1926) ont laissé des cicatrices que
cette fin de siècle ne cesse de penser : île Feydeau, cours des Cinquante
Otages. La reconquête amorcée en amont de l'île Beaulieu vers 1960 se
précise en aval. Contrepoints en eau douce au regard traditionnellement
porté vers la mer, le pôle technologique Atlanpole investit la rive gauche
de l'Erdre, l'université la rive droite.
