Une légion romaine vient hiverner et fonder la ville de Juliomagus au Ier siècle avant Jésus-Christ. La population gauloise des Andes est ainsi mentionnée dans " la guerre des Gaules " livre de Jules César. Les édifices publics monumentaux, l’amphithéâtre de Grohan et l’important complexe thermal constituent la cité marchande de soixante hectares qui est aujourd’hui présente par la seule conservation en élévation de l’enceinte du Bas-Empire. Toutefois de nombreux bâtiments fragmentés et tout le matériel archéologique découverts permettent de restituer l’ampleur de la ville antique. Une partie de ce matériel sera prochainement exposée au musée des Beaux-Arts après sa complète restructuration.

 


Angers possède un patrimoine médiéval particulièrement riche. L’époque romane est représentée par plusieurs monuments : l’ancien évêché, l’abbaye Saint-Aubin et l’abbaye du Ronceray. Celle-ci propose un voûtement en berceau audacieux, un décor géométrique polychrome et des chapiteaux historiés. De la cathédrale Saint-Maurice qui brûle en 1032, seuls les murs de la nef subsistent. Ceux-ci reçoivent au milieu du XIIe siècle des voûtes d’ogives faisant naître le gothique angevin. La cathédrale offre une nef unique avec une galerie de circulation, un décor sobre et des voûtes bombées contrebutées par de simples contreforts. Cet art gothique angevin dit style gothique de l’Ouest s’est imposé par la multiplication des voûtes et des nervures au début du XIIIe siècle dans le chœur de l’abbatiale Saint-Serge. Cette période est marquée par la monumentale construction de Blanche de Castille, petite-fille d’Aliénor d’Aquitaine et régente de Louis IX : la forteresse et l’enceinte urbaine longue de plus de 4 kilomètres. Résidence royale, ducale, la forteresse accueille la tenture de l’Apocalypse commandée par Louis Ier d’Anjou au XIVe siècle et de nombreuses tapisseries anciennes du Trésor de la cathédrale.

 


Après que Louis XI en 1474 eut accordé une charte municipale, on construit la première maison de ville en 1529 à l’ancienne place des halles, bientôt suivie par le présidial. Des hôtels particuliers sont édifiés à proximité du nouveau centre politique, autour de la place et rue du Canal. L’hôtel Pincé reste l’une des plus prestigieuses résidences de maire réalisées par l’architecte angevin Jean de Lespine au XVIe siècle. Il est orné d’un décor sculpté de style Renaissance, de candélabres, de rinceaux et rehaussé par la salamandre de François Ier. Le même architecte modernise le clocher de l’église de la Trinité et les parties hautes de la cathédrale Saint-Maurice. La fin du Moyen Age et le début du XVIe siècle furent marqués par la construction de maisons à pans-de-bois dont une quarantaine subsiste. De fabrication simple ou élaborée, quelques unes de ces maisons marchandes sont conservées dans les quartiers de la Cité et de la Doutre. Située derrière le chœur de la cathédrale, la maison d’Adam, de style gothique, possède un répertoire décoratif riche et varié. Rue Beaurepaire, la maison de l’apothicaire Simon Poisson propose une façade plus classique décorée de figures allégoriques et de palmettes.

 


Le XVIIe et le XVIIIe siècle connaissent des épreuves : la peste, la Fronde, suivies par une régression démographique et économique. Des institutions charitables comme l’hôtel des Pénitentes, l’hospice des Renfermés ou le mont-de-piété s’installent dans le quartier populaire de la Doutre. Des abbayes angevines suivent des mouvements réformateurs et réaménagent leurs bâtiments en adoptant une ordonnance classique. Le style mauriste est en particulier représenté dans les abbayes Saint-Serge, Saint-Aubin, Saint-Nicolas. Cette dernière installée à côté de l’étang Saint-Nicolas ne conserve que son église et son cloître gothique. Elle organise ses bâtiments conventuels selon les principes de la symétrie et de l’ordre.

 


Au XIXe siècle, la destruction du rempart et le percement de nouvelles rues transforment la ville. La mairie s’installe dans l’ancien collège d’Anjou ce qui entraîne des modifications dans le quartier. Devenu le nouveau centre politique, il est doté d’un jardin public situé dans l’axe de la mairie, appelé jardin du Mail en souvenir de l’ancien jeu de Mail créé au XVIIe siècle. En 1875, le palais de justice est construit à proximité. Son portique monumental donne sur le Champ-de-Mars, bordé d’hôtels particuliers et de logements construits par des notables. Le centre intra-muros est transformé sur la rive gauche, plus commerçante, par le percement de nouvelles voies, l’alignement de façades et sur la rive droite par l’assèchement de zones marécageuses place de La Rochefoucault et boulevard Henri Arnault. L’installation du théâtre et de la poste sur la place du Ralliement en font le pôle culturel et dynamique de la ville.
Ces nouveaux aménagements sont complétés par l’arrivée du chemin de fer, l’installation de la Commission des Ardoisières (boulevard du Roi René), le développement d’industries comme celle de la distillerie Cointreau (près de la Maine) et l’agrandissement des manufactures de textile Bessonneau.

 


Angers, " l’Athènes de l’Ouest ", s’introduit timidement dans l’art du début du XXe siècle. Quelques exemples d’Art Nouveau apparaissent tel le café-concert de l’Alcazar mais il faut attendre les années 1925 pour que l’Art Déco séduise les Angevins. Le style est présent sur des maisons populaires et des monuments comme le Palace, l’hôtel d’Anjou. La maison Bleue, entièrement recouverte de mosaïque par Isidore Odoricco, reste l’œuvre majeure de cette époque.
L’architecture contemporaine est orientée vers les nouveaux quartiers périphériques, les pôles universitaires et les monuments publics qui allient tradition et modernisme.
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