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En 1678, le traité de Nimègue réunit la Franche-Comté à la France et Besançon devient capitale régionale. Premier édifice civil construit par décision royale, lhôpital Saint-Jacques (1686) contient une magnifique pharmacie, conservée dans son état dorigine. La conquête française marque une rupture radicale : on passe des formules encore inspirées par la Renaissance à un classicisme rigoureux. Au XVIIIe siècle, la plupart des communautés religieuses reconstruisent leurs bâtiments conventuels. Le bénédictin Dom Duchesne édifie les bâtiments conventuels des dames d'Ounans et des bénédictins ainsi que la Charité. Les façades, les cloîtres sont d'une très grande sobriété. Dans ce classicisme sévère se glissent encore des réminiscences de la Renaissance: le portail de la Charité rappelle par son dessin celui de la chapelle des Carmélites, l'escalier à six colonnes noyaux du couvent bénédictin utilise encore le marbre rose de Sampans. Dans le cloître des Cordeliers, l'ornementation joue avec les différences de traitement de la pierre. De très belles grilles rocaille ferment les deux cages d'escalier. La construction privée est abondante. A l'intérieur de la ville, les anciens hôtels particuliers sont transformés et modernisés. L'hôtel Mailly-Château-Renaud, rue du Parlement, se dote d'un portail monumental, d'une nouvelle façade sur cour et d'un escalier intérieur à jour orné de motifs rocaille. Les hôtels particuliers du nord de la ville sont profondément remaniés et leur jardin agrandi grâce aux terrains gagnés sur les fortifications détruites. Au faubourg des Commards, s'édifient de belles demeures. Au XVIIIe siècle, une petite bourgeoisie locale liée aux affaires se dote d'hôtels particuliers: l'hôtel de Sponeck et l'hôtel Beurnier-Rossel, situés place Saint-Martin. De type bâlois, le corps de logis donne sur la rue, avec au centre, un portail d'entrée monumental donnant accès à une cour intérieure et aux communs situés dans les ailes en retour qui la délimitent. Un jardin privatif est aménagé sur une parcelle jouxtant l'hôtel. La ville, administrée par le magistrat, reconstruit son hôtel de ville: situé également place Saint-Martin, il est réalisé par l'architecte Philippe de la Guêpière, en grès rose des Vosges et dans le goût néo-classique. L'hôpital, dépendant du magistrat, est reconstruit en 1758 à l'emplacement de l'ancien trop vétuste. Les constructions de cette période s'identifient par des chambranles et des bandeaux délimitant les étages travaillés dans le grès rose vosgien et des fenêtres cintrées. Le corps de logis du château est lui aussi reconstruit dans ce style pour apporter plus de confort et commodités au stathouder Frédéric Eugène de Wurtemberg. Après la Franche-Comté, les Quatre Terres (seigneuries du pays de Montbéliard) et le comté de Montbéliard sont rattachés à la France, respectivement en 1748 et 1793.
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