Place forte naturelle, capitale des Séquanes, Vesontio possède des ressources abondantes. Lhabitat gaulois primitif situé dans la partie est de la "boucle" du Doubs est lié à une activité artisanale (poteries, fonderies, forges). La nécropole, près du secteur marécageux de Chamars, marque sans doute la limite de cet habitat. Du Ier au IIIe siècle, Vesontio sétend du temple situé au sommet de la colline à lamphithéâtre bâti sur la rive droite du Doubs, en passant par la "boucle" où la plupart des grands édifices sinstallent le long de laxe principal, actuelle Grande-Rue. Le seul accès à ce vaste ensemble urbain est le pont Battant. La porte Noire, arc de triomphe, est probablement élevée sous le règne de Marc Aurèle. En partie restaurée au XIXe siècle, elle possède une baie unique et présente un riche décor sculpté. Lamphithéâtre dont quelques vestiges sont encore visibles, pouvait accueillir 20 000 spectateurs. Les thermes, les temples, le théâtre (situé sous lhôtel de Région) témoignent de limportance de la ville jusquau déclin de la fin du IIIe siècle. Le musée des Beaux-Arts et dArchéologie présente les nombreux objets retrouvés lors de fouilles. Puis, une bourgade modeste se substitue à la grande cité gallo-romaine.
Le plus important monument est la cathédrale Saint-Jean. Bâtie entre 1127 et 1161, elle reprend le plan dun édifice carolingien à deux absides opposées. De lépoque romane datent la nef, les bas-côtés et létage inférieur du choeur. En 1212, un incendie détruit les charpentes. La nef et les bas-côtés sont alors dotés de voûtes sur croisées dogives et lon refait la partie supérieure du choeur ainsi quun nouveau clocher (ce dernier seffondre en 1724 et endommage le choeur oriental qui est reconstruit). La cathédrale conserve un autel circulaire en marbre blanc, la "rose de Saint-Jean", daté du XIe siècle mais d'inspiration antique. Labbaye Saint-Paul est léglise de lancienne abbaye fondée par saint Donat, archevêque de Besançon vers 628. Rebâtie aux XIVe et XVe siècles, elle possède un beau vaisseau gothique. Un fragment du choeur roman est conservé dans la cour de la bibliothèque municipale. Saint-Nicolas, la chapelle des archevêques (1, rue du Palais) est fondée en 1170 puis reconstruite au XVe siècle. Sa façade est ajourée dune grande fenêtre de style gothique flamboyant et dotée dune belle porte sculptée. Près du couvent des Grands Carmes, sélèvent les vestiges de léglise des Carmes, édifiée au XVe siècle. Alors quau haut Moyen Age lhabitat semble regroupé au pied de la colline, la ville présente deux pôles distincts. Le premier, le quartier capitulaire, est situé dans lenceinte du bas-Empire, sur les pentes de la colline. Le second, le quartier doutre-pont (actuel quartier Battant), constitué au XIe siècle, est fermé par une vaste enceinte dans la seconde moitié du XIIe siècle. Entre ces deux quartiers, la "boucle", protégée uniquement par le Doubs, est presque vide, à lexception des églises placées sur laxe antique et des abbayes situées en périphérie.
Vers 1240-1260, trois grandes parallèles (actuelles rue des Granges, Grande-Rue et rue Mégevand) traversent la "boucle". Celle-ci est entourée de fortifications à partir de 1251, alors que les rues se multiplient sur la rive droite du Doubs. En 1290, laffirmation du pouvoir communal coïncide avec un découpage de la ville en sept bannières. Dans le centre, se développe un nouveau quartier autour de léglise Saint-Pierre. Des hôpitaux ecclésiastiques sétablissent à la périphérie et lhôpital du Saint-Esprit est fondé.
Anoblis et bourgeois font construire de beaux hôtels particuliers, dans la "boucle" et à Battant : hôtel Gauthiot dAncier, hôtel dAnvers (15 et 44, Grande-Rue), hôtel du Bouteiller (2, rue des Granges), hôtel de Champagney (37, rue Battant), hôtel Bonvalot (4, rue du Palais)...Un hôtel de ville, symbole du pouvoir communal, sinstalle dans le nouveau quartier près de léglise Saint-Pierre. Achevé en 1573, il est luvre de larchitecte Richard Maire. Sa façade est ornée de bossages dans le goût italien. Le fond de la cour est occupé par le second corps de logis (actuel palais de justice), construit en 1585 par Hugues Sambin. Le palais Granvelle reflète le prestige de son bâtisseur, Nicolas Perrenot de Granvelle, ambassadeur et garde des Sceaux de Charles Quint. Elevé en 1542 au coeur de la ville, il est centré sur une cour dhonneur bordée darcades en "anses de panier", délimitée par quatre corps de bâtiments à la façon italienne. Sa façade principale, richement décorée de motifs Renaissance, donne du prestige à la Grande-Rue jusqu'alors simple trait dunion entre le quartier capitulaire et le bourg du Pont. De nouvelles rues, perpendiculaires aux grands axes, sont percées et les anciens quartiers se modifient. Des fontaines les ornent, telle la fontaine des Carmes en 1564, décorée par le sculpteur Claude Lullier. A la fin du XVIe siècle, la "boucle" est complètement fermée par une enceinte dont subsistent la tour de la Pelote (1475) et les deux tours de la porte Rivotte.
En 1678, le traité de Nimègue réunit la Franche-Comté à la France et Besançon devient capitale régionale. Premier édifice civil construit par décision royale, lhôpital Saint-Jacques (1686) contient une magnifique pharmacie, conservée dans son état dorigine.
Louis XIV charge Vauban de faire de la ville un des bastions de la France de lEst. De 1674 à 1688, la ville est ainsi pourvue dune citadelle. Des casernes sont édifiées pour abriter les 15 à 20 000 soldats de la garnison. En 1695, les fortifications de la "boucle" sont presque totalement reconstruites. Au XVIIIe siècle, la population double et la ville se couvre de nouvelles constructions. Léglise Saint-François-Xavier, ancienne chapelle du collège des Jésuites, est édifiée entre 1680 et 1688. Cest à Nicolas Nicole, élève de Blondel, quest due la chapelle du Refuge, achevée en 1745, rare témoin de larchitecture Louis XV à Besançon. Une importante église halle est érigée: Sainte-Madeleine, à partir de 1746, au débouché du pont Battant, par Nicole. En 1786, est élevée Saint-Pierre, par Bertrand. Un quartier nouveau, dinspiration néo-classique, est créé au sud-ouest de la ville. Victor Louis participe à lélaboration des plans de lIntendance (actuelle préfecture), achevée en 1778. Claude-Nicolas Ledoux donne les plans du théâtre (1778 à 1784), le dotant dun parterre assis, dune salle en amphithéâtre sans loges et de la première fosse dorchestre au monde (détruits dans l'incendie de 1958). Les hôtels particuliers se multiplient et, à la veille de la Révolution, la ville sest dépouillée de son aspect médiéval.
La ville continue à se modifier mais de façon modeste. Depuis 1808, est installée la première bibliothèque publique de France sur les plans de larchitecte Lapret, élève de Pierre-Adrien Pâris. Une halle aux grains est bâtie en 1843, place du marché. A la fin du siècle, la halle devient musée des Beaux-Arts et dArchéologie. On perce la rue Moncey, bordée dun ensemble dimmeubles à loyers datant de 1836. De beaux immeubles Second Empire entourent le square Saint-Amour. Le pont de la République permet lextension de la ville vers les Chaprais et les berges du Doubs se parent des allées de la promenade Micaud à partir de 1843. En 1860, une horloge astronomique, oeuvre de lhorloger beauvaisien A. Vérité, est mise en place dans le clocher de la cathédrale et lObservatoire est inauguré en 1883. A la fin du siècle, apparaissent létablissement thermal de la Mouillère et le Casino ainsi que lhôtel des Bains (avenue E.-Droz). Salle de spectacle pour les curistes, le Kursaal date de 1893.
On doit lécole nationale dHorlogerie (1928-1932), aujourdhui lycée Jules-Haag, à larchitecte Guadet. Auguste Perret édifie de 1938 à 1943 lusine de montres Dodane (7, avenue de Montrapon), audacieuse architecture de béton armé. Lintérieur du musée des Beaux-Arts et dArchéologie est réaménagé de 1965 à 1970 par Louis Miquel, élève de Le Corbusier. Le lycée Notre-Dame-Saint-Jean (1990) dans le quartier de Saint-Claude, se définit par des formes dynamiques. Larchitecte B. Quirot a conçu le lycée Ledoux comme un bâtiment intégré au paysage (1992).


