La société polymathique du Morbihan, l’une des premières sociétés savantes de France, a regroupé au musée archéologique de Château-Gaillard des collections provenant de nombreux sites mégalithiques (Carnac, Locmariaquer, Larmor-Baden, Arzon). On y trouve aussi reconstitués d’impressionnants dépôts de haches à douilles datant de l’âge du bronze.

 


En 56 av. J.-C., la flotte de César remporte contre celle de la tribu gauloise des Vénètes une bataille décisive au large du golfe du Morbihan. Mais, il faut attendre le règne d’Auguste pour qu’apparaisse Vannes, appelée alors Darioritum et capitale du territoire des Vénètes. Au Ier siècle, l’architecture monumentale d’un forum imprime sa marque au cœur de ville, sur la colline de Boismoreau. La cité s’étend alors sur une quarantaine d’hectares. Dans la seconde moitié du IIIe siècle, devant l’expansion vers le sud des peuples saxons, un castrum de faible dimension, environ cinq hectares, est bâti sur la colline du Mené. D’importants éléments du mur romain subsistent. Ils présentent en parement une alternance de petits mœllons et de chaînages de briques. Au début du Ve siècle, Vannes prend le vocable de Venetis, du nom du peuple des Vénètes.

 


Le site de Vannes est dès le haut Moyen Age l’une des principales forteresses d’une marche. L’expansion urbaine commence après le départ des envahisseurs scandinaves. Au Xe siècle, une forteresse, le château de la Motte, est construite au nord de la ville close. Aux siècles suivants, les évêques se consacrent à la reconstruction de la cathédrale Saint-Pierre, suivant un plan roman inspiré du Poitou et de l’Anjou. Face à ce sanctuaire, est bâtie la cohue. La cité change d’aspect, et dès le XIIIe siècle, les ducs Jean Ier et Jean II aménagent l’ancien castrum. Vannes est la troisième ville de Bretagne après Nantes et Rennes. Le duc est maître de la moitié de la ville, l’évêque et quelques seigneurs se partagent le reste. Après la guerre de Succession, les ducs de Montfort font de Vannes leur lieu de résidence favori. Jean IV (1365-1399) ordonne la construction du château de l’Hermine et l’agrandissement des remparts sur une surface de 10 hectares. En 1419, la venue et la mort à Vannes du dominicain espagnol Vincent Ferrier engendrent de nouveaux pèlerinages. La cité se dote au XVe siècle de premières institutions municipales. De cette époque faste subsistent l’enceinte urbaine avec ses portes fortifiées et ses tours majestueuses; quelques parties de la cathédrale restaurée dans le style gothique à partir de 1450; la cohue dont certaines arcades intérieures et le porche, place Saint-Pierre, remontent aux XIIe-XIIIe siècles; et les plus anciennes maisons à pans-de-bois ayant résisté aux sièges de la guerre d’Indépendance.

 


La paix retrouvée, après 1491, on reconstruit de nombreuses maisons, mais toujours dans un style emprunté au "gothique breton". Il faut attendre la deuxième moitié du XVIe siècle pour voir dans l’architecture civile des formes de la Renaissance. Après le rattachement de la Bretagne à la France, la ville connaît une époque florissante. Sur la façade nord de la cathédrale, une chapelle dédiée au Saint Sacrement est édifiée en 1537, sous les ordres du chanoine Jean Daniélo. Adoptant un plan circulaire, cette chapelle développe sur ses flancs un vocabulaire décoratif nouveau inspiré de la Renaissance italienne. A l’époque de la Ligue, le duc de Mercœur, gouverneur de Bretagne, ajoute aux remparts des bastions adaptés à une artillerie de plus en plus performante.

 


Avec la Contre-Réforme, les établissements conventuels se multiplient dans la périphérie urbaine. En 1630, les jésuites développent l’ancien collège Saint-Yves et le dotent d’une chapelle aussi grande qu’une église, construite place du Marché. Les travaux s’achèvent vers 1685 par la consécration d’un retable monumental de style lavallois. De tels retables sont également commandés par les paroissiens de l’église Saint-Patern mais le plus précoce (1634-1637) et le plus beau de tous se trouve dans la chapelle axiale de la cathédrale. Dans la deuxième moitié du XVIIe siècle, à la faveur de l’exil du parlement de Rennes à Vannes, de 1675 à 1689, de nombreux hôtels particuliers en granit et pierre blanche sont bâtis, supplantant petit à petit l’architecture traditionnelle de bois tel l’hôtel de Limur, situé rue Thiers dans l’ancienne emprise du faubourg Saint-Salomon. Dans le quartier du port, négociants et armateurs établissent leurs hôtels le long des quais nouvellement construits sur la rive gauche. A la veille de la Révolution, est dessiné le premier plan d’embellissement de la ville.

 


L’arrivée du chemin de fer puis le renouveau de la population liée à l’implantation de régiments après la défaite de 1870, engendrent un regain d’activité. L’édification de plusieurs bâtiments publics participe au renouveau urbain. Outre le palais de justice, la halle aux grains, le collège municipal, on retient plus particulièrement la préfecture, de style "Louis XIII", inaugurée en 1865 et dont le parc paysager à l’anglaise est dessiné par l’architecte E. Varé. Lui répond de l’autre côté de l’intra-muros, le symbole du pouvoir municipal: l’hôtel de ville qui reprend des canons esthétiques néo-Renaissance, dans un esprit très éclectique. Pour recevoir les premiers touristes séduits par les bains de mer, l’île de Conleau, au sud de la commune, est aménagée à partir de 1878 en petite station balnéaire.

 


L’Art nouveau puis l’Art déco marquent la construction privée de l’entre-deux-guerres mais aussi les étonnantes façades d’édifices publics ou de loisir: la halle des Lices (1912), le cinéma "L’Eden" (1923). A partir des années 60, Vannes connaît une forte croissance. De nouveaux quartiers composés d’habitat collectif et pavillonnaire gagnent les zones rurales. Rue des Vénètes, le nouvel établissement des archives départementales du Morbihan (1993) est une œuvre remarquée des architectes B. Guillouet et Vallée.
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