Rennes vient de Riedones, nom de la tribu gauloise qui peuplait cette partie de l’Armorique au IIe siècle avant J.-C. et qui choisit Condate pour chef-lieu d’une cité très prospère sous l’occupation romaine. Après l’attaque des Barbares en 275, lui succède une cité fortifiée enserrée dans une muraille. Cette enceinte délimite le cœur de la cité médiévale et en constitue jusqu’au XVe siècle sa seule défense. L’essor urbain des XIVe et XVe siècles se traduit par la reprise de la première fortification et l’édification de deux nouvelles enceintes: la ville neuve au nord de la Vilaine et la nouvelle ville au sud. Les fiançailles de la duchesse Anne de Bretagne avec le roi Charles VIII, célébrées dans la chapelle Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle, en 1491, sonnent le rattachement de la Bretagne à la France, officialisé en 1532 par le traité d’Union. Cette cité fortifiée, siège d’un évêché dès le Ve siècle, étoile routière, résidence des ducs, devient dès lors une ville provinciale, privilégiée trente ans plus tard par l’installation du parlement qui consacre la ville dans son rôle de capitale provinciale et de cité aristocratique: tribunal de grande instance pour toute la province, chambre d’enregistrement des Edits royaux, il bénéficie du droit de faire des remontrances au roi. Le grand chantier du palais dure un siècle (1618-1706) et véhicule l’architecture savante et royale dans la pierre et le décor. Parallèlement sont édifiés de nombreux hôtels particuliers pour les gens de robe et des couvents liés à la Contre-Réforme.

 

La fronde parlementaire, qui débute avec la révolte du papier timbré en 1675 et l’exil du parlement à Vannes jusqu’en 1690, se poursuit en 1765 par l’affaire de la Chalotais, procureur général, dans un contexte de réaction au pouvoir royal. L’incendie du 29 décembre 1720 ampute le cœur de la ville de 33 rues et 900 maisons à pans-de-bois. Les Gabriel chargés de la reconstruction la dotent de deux places royales, l’une célébrant Louis XIV sur fond du parlement de Bretagne, l’autre Louis XV dont la statue préside à l’édification de l’hôtel de ville. Cette "ville sainte sonnante et savante" est le théâtre des premiers événements révolutionnaires et "le berceau de la Liberté".

 

Le XIXe siècle se caractérise par l’assainissement et la canalisation de la Vilaine qui désenclavent la "basse ville" et la construction de la gare ferroviaire. L’éclectisme architectural à travers un théâtre et des palais exprime la vocation administrative et culturelle que Rennes se donne tandis que l’urbanisation présente un caractère résidentiel. Alors que s’affirme sa vocation universitaire, Rennes, capitale régionale de la Bretagne, connaît après la seconde guerre mondiale, l’une des plus fortes croissances de France (5 000 ha urbanisés pour 200 000 habitants) doté d’un secteur sauvegardé de 35 hectares.

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