Autun

Le Moyen Age développe plusieurs quartiers à l’intérieur de la vaste enceinte gallo-romaine. La ville haute est le centre religieux et politique de la ville et c’est là que se concentrent encore aujourd’hui l’essentiel des monuments médiévaux. La cathédrale romane, de type clunisien, est marquée par l’oeuvre du sculpteur Gislebertus qui en signe le tympan représentant le “Jugement Dernier”. Le choeur est rehaussé au XVe siècle, en même temps qu’on reconstruit la tour de la Croisée et le clocher. Près de la cathédrale, s’élève l’hôtel construit par le chancelier Nicolas Rolin. C’est un bel exemple d’architecture civile du XVe siècle. Il abrite le musée Rolin où se voient notamment quelques belles sculptures médiévales: la célèbre “Tentation d’Eve” (XIIe siècle) provenant de la cathédrale, les vestiges du tombeau de Saint-Lazare (XIIe siècle) et la “Vierge à l’Enfant” dite “Vierge Bulliot” (XVe siècle). La “Nativité au cardinal Rolin” est le chef-d’oeuvre incontesté du musée. Ce primitif, réalisé autour de 1480, est l’œuvre du maître de Moulins. Enfin, outre quelques maisons médiévales, il faut voir la cour du Chapitre, la cour de la Maîtrise, près de la cathédrale, et la chapelle romane Saint-Nicolas, qui abrite le musée lapidaire.


Auxerre

Le prestige religieux d’Auxerre lié à la personnalité de saint Germain explique la densité des édifices paléochrétiens (vestiges de la basilique de Saint-Pèlerin, IVe siècle) et préromans (cryptes carolingiennes de l’ancienne église Saint-Amâtre, rue d’Eckmül et de l’abbatiale Saint-Germain, IXe siècle; cette dernière contient des fresques datées de 858, illustrant le martyre de saint Etienne: ce sont les plus anciennes qui subsistent en France). De l’époque romane, les traces sont nombreuses telle la crypte de la cathédrale (XIe siècle) et le clocher de Saint-Germain (tour Saint-Jean). Le promenoir roman construit par l’évêque Hugues de Montaigu (1115-1136) sur le mur gallo-romain de la cité appartient à l’ancien évêché. La salle capitulaire de l’abbaye Saint-Germain révèle, derrière des arcades du XVIIe siècle, une façade romane de style bourguignon (vers 1160). Les grands chantiers gothiques sont ceux de la cathédrale Saint-Etienne, entreprise vers 1215 par Guillaume de Seignelay, et de l’abbatiale Saint-Germain élevée à la fin du XIIIe siècle sous l’impulsion de l’abbé Jean de Joceval. Les bâtiments abbatiaux conservent de beaux celliers gothiques. Bien représentée à Auxerre, l’architecture civile médiévale s’illustre par de nombreuses maisons du XVe siècle dont la maison des Consuls, rue d’Eglery, les anciennes maisons canoniales, place de la Cathédrale, et des maisons à pans de bois à décor sculpté.


Beaune

Dès le XIIe siècle, la ville doit sa renommée au commerce des vins. Elle est le siège de hautes fonctions politiques et religieuses. La collégiale Notre-Dame, de type clunisien, date du XIIe siècle. Les tours et le porche datent des XIIIe et XIVe siècles. Sur le flanc sud de l’église, s’étend l’ancien cloître dont une galerie et la salle capitulaire sont conservées. Le monument le plus célèbre de Beaune est le grand hôtel-Dieu, fondé en 1443 par Nicolas Rolin. La grande salle des pauvres est un exemple caractéristique de l’architecture hospitalière médiévale. C’est dans l’hôpital qu’on peut admirer le fameux polyptyque du “Jugement Dernier”, chef-d’oeuvre de Van der Weyden (1400-1464). L’ancien hôtel des ducs de Bourgogne (XIVe - XVIe siècles) abrite le musée du Vin de Bourgogne. Enfin, Beaune a conservé une partie de son enceinte médiévale.


Chalon-sur-Saône

Edifice complexe, la cathédrale Saint-Vincent illustre l’évolution de l’architecture religieuse au Moyen Age, du XIe siècle (base du choeur et des absidioles) aux XVe et XVIe siècles (chapelles aménagées entre les contreforts). Le petit cloître, construit aux XIVe et XVe siècles, a conservé de beaux chapiteaux à motifs végétaux ou historiés. Nombreuses sont les tours du XVe siècle, vestiges d’une riche architecture civile ou militaire. Plusieurs appartenaient à des hôtels seigneuriaux dont elles abritaient les escaliers, tour dite de Coco Louvrier, tour de Saudon, tour de Ville dite Beffroi. La tour de Marcilly signalait la limite du territoire qui relevait de l’évêque face à la ville du comte puis du duc. Le musée Denon réserve une place privilégiée à ses collections médiévales (mobilier funéraire d’époque mérovingienne, éléments d’architecture romans et gothiques, peintures, sculptures et objets d’art dont une croix processionnelle en émail du XIIe siècle).


Dijon

Sous les ducs Capétiens puis Valois de Bourgogne se développe, autour du castrum gallo-romain, le Dijon médiéval, à proximité de l’hôtel ducal. L’architecture religieuse est richement représentée. Le monument le plus prestigieux du Moyen Age à Dijon était l’abbatiale de Saint-Bénigne, reconstruite à partir de 1001 par Guillaume de Volpiano. De cet ensemble roman, il ne subsiste plus que l’étage inférieur de la fameuse rotonde. L’église actuelle, cathédrale de Dijon, est un imposant édifice du XIVe siècle. Le seul édifice roman conservé dans son intégralité à Dijon est l’église Saint-Philibert, malheureusement fermée au public. Le portail méridional est un bel exemple de gothique fleuri. Près du palais des Etats, l’église Notre-Dame (XIIIe siècle) est un des joyaux du gothique bourguignon. Sa nef, très élancée, est précédée d’une élégante façade à arcatures. Le style gothique était superbement illustré par la Sainte-Chapelle du palais (détruite) et par la chartreuse de Champmol, due au mécénat de Philippe le Hardi. De cette dernière, il reste les célèbres statues de Claus Sluter ornant le portail de l’église et le puits de Moïse. Les tombeaux de Philippe le Hardi et de Jean sans Peur, aujourd’hui exposés au musée des Beaux-Arts, étaient à l’origine situés dans le choeur de l’église de la Chartreuse. L’architecture civile du Moyen Age est représentée par le logis de Philippe le Bon, dans le palais des Etats, dominé par la tour Philippe le Bon. La cour de Bar est quant à elle bordée par la tour de Bar construite au début du règne de Philippe le Hardi, et les impressionnantes cuisines du XVe siècle. L’ensemble de la ville conserve de très nombreux exemples de maisons du Moyen Age. Citons les maisons à pans de bois de la rue Stephen-Liégeard, de la rue Verrerie et de la même époque, l’hôtel Chambellan, rue des Forges.


Joigny

Détruite par un incendie en 1530, la ville conserve peu de monuments du Moyen Age. Les vestiges les plus éloquents sont ceux des anciennes enceintes. La porte Saint-Jean donnait autrefois accès à la cour du château. C’est un rare exemple d’architecture militaire du début du XIIe siècle en Bourgogne. Quant à la porte du Bois, du XIIIe siècle, c’est la seule des quatre portes de la ville qui subsiste. Elle est encadrée de deux tours où sont pratiquées des archères. L’architecture religieuse est représentée par l’église Saint-André, ancienne prieurale Notre-Dame, dont le mur sud remonte à l’époque de la fondation du prieuré (fin du XIe siècle). L’église Saint-Thibault, reconstruite de 1490 à 1529, est de style flamboyant. Les églises de Joigny conservent une importante statuaire médiévale: la Vierge à l’enfant du XIVe siècle à Saint-Thibault, le tombeau de la comtesse Adélaïde de Joigny (fin du XIIIe siècle) à Saint-Jean et le gisant du comte Guillaume de Joigny (début du XIIIe siècle) à Saint-André.


Nevers

La ville, enfermée dans une enceinte à la fin du XIIe siècle, conserve l’empreinte du Moyen Age dans le tracé des rues, l’architecture urbaine (maisons XIVe et XVe siècles), l’architecture civile (porte du Croux, beffroi) et l’architecture religieuse. L’église Saint-Etienne, construite entre 1168 et 1197 par les moines de Cluny, témoigne de la maîtrise des bâtisseurs romans pour élever un édifice tout en pierre qui réponde aux besoins liturgiques. La cathédrale Saint-Cyr et Sainte-Julitte présente la particularité de posséder deux absides opposées. Celle de l’ouest est romane. Elle appartient à l’ancienne cathédrale tournée à l’ouest. Sa voûte en cul-de-four est ornée d’un superbe Christ en gloire peint à fresque. La nef gothique construite au XIIIe siècle à la place de la nef romane mène à l’abside orientale gothique du XIVe siècle. Les chapelles latérales sont aménagées aux XVe et XVIe siècles. La tour est achevée en 1528. La ville, enfermée à la fin du XIIe siècle dans une enceinte, conserve de nombreuses maisons du Moyen Age. Le musée archéologique du Nivernais se situe dans la porte du Croux, bel exemple d’architecture fortifiée de la fin du XIVe siècle. Il abrite notamment des chapiteaux romans provenant de l’ancienne église Saint-Sauveur de Nevers.


Paray-le-Monial

La ville s’est développée dès 973 autour du prieuré bénédictin rattaché à Cluny. Saint Hugues fait construire la prieurale de 1090 à 1109. C’est le meilleur exemple conservé d’architecture clunisienne. Le cul-de-four de l’abside est orné d’un Christ en majesté qui est une des rares illustrations du décor peint de style clunisien.