Autun

Aux XVIIe et XVIIIe siècles, de grands évêques bâtisseurs construisent d’importants bâtiments: l’ancien séminaire (lycée militaire), l’hôpital, l’évêché... Les Jésuites font bâtir leur collège (lycée Bonaparte) en plusieurs campagnes (1709-1712 et 1727-1731). La grille date de 1772. Le collège est accompagné d’une belle chapelle, actuelle église Notre-Dame, édifiée à partir de 1757. De nombreuses maisons et hôtels particuliers, attestant l’importance du rôle judiciaire de la ville, bordent la rue Chauchien, la rue Jeannin, la place du Champ-de-Mars... De l’importante abbaye Saint-Martin, construite au XVIIIe siècle, il ne reste que des vestiges. Importants aménagements urbains: promenade des Marbres.


Auxerre

L’actuel lycée Jacques Amyot et le grand pavillon subsistant de l’ancien château des comtes d’Auxerre (hôtel de ville) témoignent du goût du début du XVIIe siècle pour la brique. La façade de l’église Saint-Pierre, édifiée entre 1630 et 1657 dans le style baroque propre à la Contre-Réforme s’oppose à celle, très classique, de la chapelle du Lycée (1673). Au XVIIIe siècle s’élèvent le cloître de l’abbaye Saint-Germain, la chapelle des Visitandines, élégant édifice de plan centré, dressé en 1714 sur les plans de Guillaume Joygneau et la chapelle de l’ancien hôpital général (avenue Charles-de-Gaulle) qui date de 1762. Auxerre se couvre d’hôtels particuliers, de l’hôtel Nigot, rue du lycée Jacques-Amyot, élevé en 1623 aux hôtels Deschamps de Charmelieu, près de Saint-Eusèbe, et de Sparre, avenue Gambetta.


Beaune

L’église du couvent des Carmélites est construite de 1654 à 1657. Sa façade est typique du style de la Réforme catholique. De nombreux édifices religieux ont été élevés aux XVIIe et XVIIIe siècles: l’hospice de la Charité (fondé en 1645), le couvent des Ursulines (actuel hôtel de ville), la chapelle de l’Oratoire (début du XVIIIe siècle)... L’architecture civile est représentée par de nombreux hôtels et maisons, et par l’arc de triomphe édifié sur les plans de Lenoir Le Romain en 1752 au bout de la rue de Lorraine.


Chalon-sur-Saône

Les vestiges du couvent des Dames de Lancharres (1647), de l’église des Ursulines (1680), des Oratoriens (1681) témoignent avec l’imposante église abbatiale de Saint-Pierre (fin XVIIe siècle) des nouveautés architecturales qui accompagnent la Réforme catholique. L’architecture civile se renouvelle entièrement, laissant quelques réalisations marquantes, maison de Barthélémy Magnien, dite des Quatre-Saisons (1657), hôtels Noirot (1711), Chiquet (1770), Colmont-Fusselet (1777). Ce dernier est attribué à l’ingénieur Gauthey, auteur de la pharmacie de l’hôpital (1775), de la belle façade néo-classique du théâtre municipal (1778-1784) et des plans du nouveau quartier de la citadelle à la fin de l’Ancien Régime. L’obélisque, érigé en 1788, à l’extrémité du bassin attenant au canal du Centre, demeure un élément majeur du paysage urbain.


Dijon

La ville joue son rôle de capitale parlementaire aux XVIIe et XVIIIe siècles. Les princes de Condé, gouverneurs de la Bourgogne, sont à l’origine de prestigieux aménagements voisinant avec le palais des Etats auquel est attaché le nom de deux grands architectes de la cour: Jules Hardouin-Mansart, auteur aussi de la place Royale qui précède le palais, et Jacques V Gabriel, auteur notamment de la somptueuse chapelle des Elus et de l’escalier menant à la salle des Etats. L’intérêt du Dijon classique réside aussi dans ses grands hôtels particuliers édifiés par les parlementaires. Les principaux sont l’hôtel de Vogüé (avant 1610), l’hôtel du Commandant-Militaire (XVIIIe siècle), l’hôtel Chartraire de Montigny (abritant actuellement la drac), l’hôtel de Saulx-Tavannes, l’hôtel de Dampierre, l’hôtel Bouhier de Lantenay (actuelle préfecture), l’hôtel Fevret-de-Saint-Mesmin (1697-1700)... et nombre d’autres demeures construites par des architectes de talent. L’importance de ces constructions place Dijon au premier rang des villes françaises pour la qualité de son architecture privée. L’architecture religieuse n’est pas en reste, avec le couvent des Bernardines de Tart, dont l’église en forme de rotonde abrite un intéressant musée d’art sacré et le cloître, les collections du musée de la vie bourguignonne. Le monastère de la Visitation, aujourd’hui occupé par la clinique Sainte-Marthe, a conservé son cloître, aux arcades actuellement murées. Signalons les importantes collections des XVIIe et XVIIIe siècles du musée des Beaux-Arts et du musée Magnin dans l’ancien hôtel Lantin du XVIIe siècle.


Joigny

La ville possède d’aristocratiques demeures des XVIIe et XVIIIe siècles au décor souvent sobre. Un hôtel de ville, édifié de 1725 à 1727 sur les plans de Germain Boffrand, est la marque du pouvoir bourgeois. Son fronton est timbré des armes royales. Joigny, ville de garnison depuis le XVIe siècle, se dote de 1758 à 1762 de nouvelles casernes élevées sur les plans de Charles-Axel Guillaumot. Celles-ci dressent leurs sévères façades sur les quais aménagés à la même époque.


Nevers

Le XVIIe siècle est marqué par une opération d’urbanisme de prestige: Charles de Gonzague fait aménager en 1607 et 1612, une grande place ducale devant le palais, sur le modèle des places royales parisiennes. Deux maisons à pignons à redents de cette époque sont conservées. De nobles demeures s’élèvent comme l’hôtel de Rémigny (fin du XVIIe siècle). L’ancien évêché, aujourd’hui palais de justice, est un bel édifice construit en 1760 par Monseigneur Tinseau. L’église Saint-Pierre, chapelle du collège des Jésuites, date de la première moitié du XVIIe sciècle. De plan centré, elle s’orne d’un décor peint de l’Italien Gherardini. La chapelle Sainte-Marie (1639-1643) est celle de l’ancien couvent de la Visitation. Sa façade purement baroque est probablement due au sculpteur Jean Collignon de Chaumont. C’est aux XVIIe et XVIIIe siècles que les faïenceries nivernaises livrent leurs plus belles réalisations.


Paray-le-Monial

Le cloître jouxtant la basilique a été reconstruit au XVIIIe siècle. C’est le dernier qui ait abrité des moines bénédictins. Les révélations du Sacré-Coeur à Marguerite-Marie Alacoque ont eu lieu dans les jardins et la chapelle du couvent de la Visitation, construite en 1633.