La ville garde l’empreinte de la scénographie et de l’urbanisation élaborées par ses fondateurs aux Ier et IIe siècles de notre ère, alors qu’elle était la vitrine de la civilisation romaine en territoire éduen. Une enceinte du Ier siècle, conservée sur la presque totalité de ses 6 km, contribue à son détachement sur le paysage environnant. Une série de monuments sont répartis sur son pourtour: pyramide de Couhard, théâtre, portes Saint-André et d’Arroux, temple dit “de Janus”. La ville s’organise alors autour d’un cardo et d’un decumanus encore visibles dans la voirie.

 

Il reste peu de traces des édifices construits pendant le haut Moyen Age. En revanche, l’éclatement contemporain en différentes bourgades, ceintes de zones agricoles, reste très perceptible. La spécificité des noyaux constitutifs de l’Autun médiéval se maintient jusqu’au coeur des Temps Modernes: la ville haute est le centre politique et religieux, la ville de Marchaux est le centre commerçant et le châtelet Saint-Andoche rassemble le bourg abbatial et le quartier artisanal. Entre 1120 et 1146, est édifiée la cathédrale Saint-Lazare, célèbre pour son oeuvre sculptée par Gislebert. Le XVe siècle, magnifié par le mécénat de la famille Rolin, est marqué par une intense activité bâtisseuse, autour de la cathédrale et dans la ville basse. Au cours des XVIIe et XVIIIe siècles, le centre de la ville se déplace autour du champ de foire. La place du Champ-de-Mars devient le coeur administratif et commerçant de la ville. Cet espace assure la liaison entre les deux villes médiévales. Il s’agrémente d’une architecture classique de qualité: l’ancien collège des Jésuites (lycée Bonaparte), l’ancien grand séminaire (lycée Militaire) et de nombreux hôtels particuliers.

 

Le XIXe siècle laisse également sa marque architecturale: la ville se dote d’un hôtel de ville, d’un théâtre, d’un passage couvert... tandis que l’arrivée du chemin de fer donne le départ de la reconquête vers le nord de terrains demeurés vierges depuis l’Antiquité. L’exploitation des schistes bitumineux constitue une des principales activités de la ville. Deux imposants terrils témoignent aujourd’hui de cette industrie.

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