Noisiel



Sans doute né à l'époque mérovingienne, le village de Noisiel n'est réellement attesté qu'à compter du XIème siècle. Aucun vestige ne subsiste de cette époque, ni du molendinum (moulin à farine), ni de la première église Saint-Médard. Les prieurs de Gournay possèdent la plupart des terres de Noisiel du XIème au XVIème siècle, incluant la ferme du Buisson Saint-Antoine dès le XVème siècle.

 


Au XVIIIème siècle, Yves Mallet, secrétaire du roi, est seigneur de Noisiel et du Luzard. Il possède alors un château au sud de la commune, aujourd'hui disparu. Un autre château est construit à la même époque, dans le parc jouxtant le moulin situé au bord de la Marne.

Le village est alors constitué d'une quinzaine de maisons et abrite une centaine d'âmes. Le château et les terres qui y sont rattachées vont changer maintes fois de propriétaires au cours du XVIIIème siècle.

 


Le domaine de Noisiel appartient à la famille du Duc de Levis de 1801 à 1879. Le château est remanié plusieurs fois, le parc aménagé à l'anglaise et des orangeries construites en 1850. L'actuelle église Saint-Médard est bâtie en 1856 par cette même famille, un peu à l'écart du château, près du village.

En 1825, Jean Antoine Brutus Menier achète le moulin pour y installer sa fabrique de produits pharmaceutiques et de chocolat. Son fils, Emile Justin, développe l'entreprise familiale dès 1853 et consacre l'usine à la fabrication exclusive du chocolat. De somptueux bâtiments sont édifiés pour abriter les ateliers, tels que le moulin Saulnier (1872), le pavillon des refroidissoirs (1884) ou la Cathédrale (1905), fleurons du patrimoine industriel.

L'extension de l'usine se fait au détriment du village qui disparaît petit à petit, remplacé dès 1874 par une cité ouvrière construite plus à l'Est. Outre les logements des ouvriers de la chocolaterie, confortables maisons de briques, on y trouve des équipements collectifs aux élégantes façades de briques : les écoles (1874), les réfectoires (1884), les magasins d'approvisionnement (1874), les hôtels-restaurants, ou encore la mairie de 1895.

En 1879, Emile Menier acquiert le château et le parc de Noisiel. Si les Menier conservent l'aspect général du parc, ils transforment complètement le château en le mettant au goût du jour. Ils font construire des écuries en 1889, en lieu et place des communs, ainsi qu'une nouvelle grille d'honneur avec son pavillon de garde attenant, copié sur celui de Bagatelle. Les Menier achètent également la ferme du Buisson qu'ils transforment en une ferme industrielle modèle dans les années 1880-1889, et dont l'architecture n'a rien à envier à celle de l'usine.

 


Dans le dernier tiers du XXème siècle, la création de la ville nouvelle de Marne-la-Vallée, dont Noisiel fait partie, fait l'objet d'un vaste programme architectural et urbain. De nouveaux quartiers d'habitation, riches d'une architecture originale et de nombreux espaces verts, voient le jour là où autrefois se trouvaient champs cultivés et pâturages.

Des bâtiments remarquables sont également édifiés tels que le Centre omnisport de Jean Nouvel, l'Ecole nationale du Trésor public de Bernard de la Tour d'Auvergne, ou encore la Chambre régionale des Comptes, le centre technique de la RATP ou même le centre informatique de la Direction g énérale des impôts. Des créations originales émaillent également le paysage : les châteaux d'eau des Totems décorés de pâte de verre par Maurice Garnier ou le château d'eau des 4 pavés créé par Christian de Portzamparc, en sont des exemples.