L’enceinte fortifiée de la ville est l’une des mieux connues de Gaule. Construite entre 283 et 293, ovale, elle protège un espace de 9 ha, réduisant la surface de la ville primitive. Conservée en grande partie jusqu’au XVI
e siècle, elle oriente encore aujourd’hui le tracé des rues du centre-ville. Elément majeur de l’urbanisme avec ses 30 tours semi-circulaires, ses hautes courtines, son fossé et ses deux portes monumentales, elle concentre dans son périmètre la vie administrative et religieuse. Ainsi le groupe épiscopal, composé d’un baptistère et d’une cathédrale double, se développe contre le rempart à proximité de la porte Viennoise. A l’extérieur de l’enceinte, les nécropoles s'installent sur la rive droite de l’Isère, à l’abri des crues. A l’emplacement de la future église Saint-Laurent, se développe une des plus importantes nécropoles de Grenoble avec des mausolées visibles aujourd’hui sur le site archéologique.

 


L'un des plus anciens témoins de l’architecture religieuse est l’église cruciforme et à multiples absides, Saint-Laurent sur la rive droite de l’Isère. La crypte ornée d’une colonnade aux VIIe et VIIIe siècles offre un exemple rare de la sculpture du haut Moyen Age. Elle est parvenue intacte malgré les transformations carolingienne et romane de l’église haute. Dressée à l’emplacement de l’antique groupe épiscopal, la cathédrale Notre-Dame, en dépit des transformations du XIXe siècle, conserve dans son gros œuvre sa structure médiévale: la tour-porche du XIIe siècle, chœur et voûte du XIIIe siècle. Avec sa haute et massive tour en brique dominant tout bâtiment alentour, la cathédrale paraît encore comme un symbole de la puissance passée des seigneurs-évêques du Moyen Age. La dépose de la façade en ciment moulée de la fin du XIXe siècle, a rendu visible la disposition de la cathédrale médiévale et la façade primitive de l’église Saint-Hugues attenante. A cet ensemble cathédral médiéval, s’ajoutent les vestiges du baptistère paléochrétien découvert en 1989. Fondée en 1228 par le dauphin Guigues-André, la collégiale Saint-André affirme le pouvoir comtal appelé à concurrencer puis supplanter celui des évêques. A la simplicité du plan et des volumes s’accorde un style pur et dépouillé, accentué par l’emploi de la brique, qui témoigne, en plein XIIIe siècle, de la résistance des provinces méridionales aux conquêtes de l’art gothique de l’Ile-de-France. La tour de l’Ile a été élevée à la fin du XIVe siècle par les consuls afin de renforcer les dépenses du faubourg de l’Ile. Elle a servi de premier hôtel de ville jusqu’à la prise de Grenoble par Lesdiguières à la fin du XVIe siècle.

 


En 1453, le dauphin Louis II, futur roi Louis XI, institue à Grenoble le troisième parlement de France. La ville se trouve dès lors confirmée dans sa vocation de capitale régionale. L’ancien palais du parlement, aujourd’hui palais de justice, est un véritable joyau juxtaposant plusieurs parties d’époque et de style différents: gothique fleuri des années 1500, façade Renaissance du milieu du XVIe siècle, agrandissement de la fin du XIXe siècle. Il possède encore une partie importante de son ancien décor intérieur: boiseries de Paul Jude (v. 1520), aménagement d’ensemble de deux chambres réalisées en 1668 par Daniel Guillebaud sur des cartons de Jean Lepautre, célèbre décorateur parisien. L’hôtel de François Marc (1490) fournit un bon exemple de demeure d’un riche notable, conseiller au parlement. Dans la cour intérieure, accessible par un profond porche, on peut encore voir de belles fenêtres à meneaux, la fine mouluration des arcs, des portes et l’élégante tourelle d’escalier polygonale logée dans un angle de la cour.

 


Parmi les nombreux hôtels de toutes époques bordant la rue Chenoise, la maison dite de Vaucanson constitue un ensemble d’une rare perfection. Construite dans les années 1630, on peut observer la façade sur rue avec son beau portail Louis XIII et l’escalier d’honneur occupant tout un côté de la cour intérieure où se décèle l’influence de l’architecture italienne contemporaine. Le couvent des Visitandines de Sainte-Marie-d’en-Haut s’établit à partir de 1618 sur les pentes du mont Rachais. La riche décoration baroque de la chapelle en constitue l’un des attraits. Le cloître et les terrains qui dominent la ville ajoutent au charme de cet ensemble, qui abrite aujourd’hui le musée Dauphinois consacré au patrimoine régional. Seul vestige important du palais du Dauphin ou de ses dépendances, la tour du Trésor (XIVe siècle) a été incorporée dans la résidence somptueuse que se fait construire vers 1620 le connétable de Lesdiguières, lieutenant général du roi en Dauphiné. Rachetée en 1719 par les consuls pour servir d’hôtel de ville, la vieille demeure de Lesdiguières reste un souvenir du personnage dont le gouvernement a le plus marqué la ville au XVIIe siècle. L’ancien collège des Jésuites, actuel lycée Stendhal, est un exemple de construction liée à la création de nouveaux quartiers sous Lesdiguières. Commencé en 1660, il garde visibles la distribution des classes dans la cour intérieure et l’horloge astronomique du grand escalier. La façade de la chapelle, réalisée en 1707, appartient au type "à l’italienne".

 


A la fin du siècle, Grenoble se revêt d'un décor de béton d'art, des bâtiments hausmanniens du centre-ville à la tour Perret (1924). Cet engouement est lié aux origines grenobloises de Vicat, l'inventeur du ciment artificiel. Cependant, dès 1855, alliant le style orientaliste aux innovations du ciment moulé, le petit palais néo-mauresque de la Casamaures domine l'Isère depuis les contreforts de la Bastille, avec ses jardins en terrasses, dans un arboretum avec fontaines et statues.

 


La perspective des XXe Jeux olympiques d'hiver de 1968 active la création de nouveaux quartiers et bâtiments remarquables. La maison de la Culture, surnommée "Le Cargo", est conçue par Woginscky en 1965 dans la lignée de Le Corbusier. Revêtue de panneaux sandwichs en tôle émaillée blanche, elle est dotée d'un théâtre mobile unique pour l'époque. En 1967, Maurice Novaria réalise un hôtel de ville composé d'une galette de béton brut de décoffrage surmontée d'une tour de 12 étages habillée d'un mur rideau en aluminium et verre. La même année, de Martini et Junillon s'emparent du thème de la coque pour le palais des Sports, composé de quatre quarts de voûtes en berceaux plein cintre retombant sur des contreforts puissants. Dans les années 70-80, le tourisme d'affaire engendre les complexes d'Alpes-Congrès, Alpexpo et les aménagements du World Trade Center et de la gare Europole. Le musée (1994), un monolithe ouvert par quelques ruptures imprimées à sa façade de béton-résine blanche, valorise sa 5e façade que constitue sa toiture rythmée par des lanterneaux.
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