Le site d’Angoulême est occupé dès l’âge du bronze. La ville garde surtout une empreinte de son passé médiéval et des transformations du XIXe siècle. Du Moyen Age, elle conserve sa cathédrale du XIIe siècle, remaniée au XIXe siècle. Le tracé des rues de la vieille ville, l’église Saint-André et la chapelle des Cordeliers, les deux tours du château comtal, maintenant englobées dans l’hôtel de ville, datent aussi de cette époque. Les remparts, élevés dès le Bas-Empire, épousent le tracé de l’éperon, dominant la vallée de la Charente et celle de l’Anguienne. Ils sont repris et agrandis à plusieurs reprises jusqu’au XVIIe siècle. Le XIXe siècle aménage des places (du Murier, du Minage), lotit le quartier de la préfecture et élève des édifices: préfecture, palais de justice, lycée Guez de Balzac, théâtre, hôtel de ville, halles, banques. Enfin, les remparts, devenus inutiles, sont aménagés en promenade.

 

La ville industrielle s’implante au pied de l’éperon: papeteries, fonderie, faïenceries dans le quartier du port l’Houmeau où se développe un trafic fluvial très actif avec Rochefort jusqu’à l’arrivée du chemin de fer. Aujourd’hui, tout en réhabilitant ses quartiers anciens, la ville se dote d’un patrimoine contemporain (centre national de la Bande Dessinée et de l’Image et lycée de Ma Campagne). Le pays de l’Angoumois regroupe 25 communes. Celles-ci présentent un cœur ancien autour deleur église romane ou gothique. C’est le cas de Saint-Michel d’Entraygues ou de Champniers. A La Couronne, les ruines gigantesques de l’église de l’abbaye Notre-Dame se juxtaposent à une non moins imposante cimenterie. A l’écart des bourgs, des châteaux reflètent les tendances de l’architecture castrale de la fin du Moyen Age à l’époque classique, comme ceux de l’Oisellerie, Fleurac (Nersac), Balzac ou la Tranchade.

Au bord de la Charente, Saint-Simon a gardé en mémoire son passé de village gabarier. Au sud, des collines lourdes aux terres blanches couvertes de vastes champs, de bosquets et des premiers vignobles forment les côtes de l’Angoumois. Les nombreuses rivières ont ici façonné des paysages de falaises comme celles de la vallée des Eaux-Claires riches en vestiges préhistoriques. Sur la Charraud, la Boëme, l’Anguienne et les Eaux-Claires au débit régulier, s’implantent les premiers moulins à papier. Dès le XVIe siècle, ils sont au nombre de 86. Le moulin du Verger sur les Eaux-Claires et le moulin de Fleurac à Nersac sur la Charente, perpétuent le savoir-faire des maîtres papetiers. A l’est, dans les territoires karstiques, les rivières disparaissent pour réapparaître plus loin comme les sources de la Touvre, composées de trois résurgences. Là, se reflète l’église romane de Touvre. A Ruelle, le débit constant de la rivière a permis l’installation d’une fonderie de canons, créée par Montalembert au XVIIIe siècle. Plus à l’est, le village de Vilhonneur illustre le travail lié à la pierre. Les maisons en pierre de taille ou enduites à la chaux, fermes isolées avec leur pigeonnier, fermes de maître au toit d’ardoise, maisons à balet composent le paysage tout comme les nombreux portails charentais (Linars ou Saint-Yrieix). Les villages conservent un charme traditionnel tel Mouthiers-sur-Boëme groupé autour de son “moustier”. Sur les rives, s’échelonnent de petits lavoirs. Non loin, la silhouette du château de conte de fées de la Rochandry, forteresse médiévale reconstruite au XIXe siècle, surplombe tourbières et étangs.

Photos