Le centre historique de Saint-Quentin se situe au sommet d’une colline de craie bordée au sud par une zone marécageuse alimentée par la Somme et, au nord, par le plateau picard déroulant ses vastes plaines. Fondée au IIe siècle, l’antique Augusta Viromanduorum, carrefour de voies romaines, n’a qu’une courte existence. Vidée de ses habitants lors des terribles invasions barbares de la fin du IIIe siècle, la ville est abandonnée au profit de l’oppidum voisin de Vermand. Au IVe siècle, les reliques de saint Quentin, évangélisateur de la Picardie, sont déposées au sommet de la colline, lieu de son martyre. La vénération autour des reliques ne cesse de croître et, au VIIe siècle, une communauté de clercs s’établit auprès du tombeau.

 

Protégé par une enceinte à partir de 893, le vicus Sancti Quintinus est le noyau primitif de la ville de Saint-Quentin. Ses limites sont encore visibles dans le tracé des rues du Gouvernement et de la Sous-Préfecture. Très rapidement se développe extra-muros la ville civile qui en 1080, reçoit sa charte des mains d’Herbert, comte de Vermandois.
Au XIII
e siècle, la ville couvre toute la colline. Le collège de chanoines décide la construction d’une imposante collégiale gothique dont le chantier dure trois siècles. L’hôtel de ville est construit au début du XVIe siècle, au nord d’une place carrée d’inspiration flamande.
C’est en 1557 que la ville connaît ses heures de gloire et de sang au cours d’un siège mémorable entrepris par Philippe II d’Espagne. La ville est incendiée, perdant une grande partie de son patrimoine médiéval.
Au XIX
e siècle, la destruction des remparts, la construction du canal et l’arrivée du chemin de fer favorisent le développement de la ville. Les marais sont en partie asséchés afin de permettre la construction de la gare.

 

L’ère industrielle voit l’implantation dans la ville de grandes usines textiles développant autour d’elles de vastes programmes d’habitat social. En 1917, pillée par l’occupant, son centre historique détruit par les bombardements, la ville se retrouve pratiquement anéantie. La reconstruction nécessite le percement de nouveaux axes routiers notamment un grand axe nord-sud et entraîne la disparition d’une bonne partie du tissu urbain ancien. Il est désormais possible de dégager l’édifice majeur de la ville, la basilique, et de l’entourer de jardins. Aujourd’hui, la ville entreprend un vaste programme de réhabilitation et de restauration du patrimoine urbain. Une partie des antiques marécages sont classés en réserve naturelle. De grands ensembles occupent les périphéries nord et sud.

 

 

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