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Capitale de la Provence orientale depuis le Moyen Age, Grasse est une ancienne cité à l’influence latine très sensible, particulièrement dans l’architecture, en raison d’échanges intenses avec les villes italiennes de Gènes et de Pise. Séparée de l’ensemble de la Côte méditerranéenne par le massif de l’Estérel, la bande côtière formée par la Provence orientale et la Ligurie s’insère entre les Préalpes et la mer. Plusieurs vallées coupent cette région au relief très marqué, canalisant ainsi des expressions architecturales à l’évolution plus ou moins lente. Le Moyen Age privilégiant la voie maritime, Grasse établit par les ports de Cannes et d’Antibes des contacts commerciaux qui lui permettent de s’orienter vers un trafic aux multiples ressources. Cannes sert ainsi de port d’embarquement aux marchandises grassoises à destination de Nice et de Gênes. Dès le XIIe siècle, les tissus et la préparation du cuir constituent les grandes spécialités de la ville. Cette dernière activité est favorisée par la présence en abondance dans la région de lentisque et de myrte utilisés comme tan et qui donnent au cuir une couleur verte caractéristique. Dès le milieu du XIIIe siècle, les corporations des drapiers et des tanneurs bénéficient de règlements. Les tanneurs qui s’étaient regroupés autour des points d’eau sont installées sur la place aux Aires traversée par un canal à ciel ouvert.


Née de la tannerie au XVIe siècle, la parfumerie connaît un véritable essor au XVIIe siècle, mais c’est au XVIIIe siècle qu’elle subit une mutation fondamentale. En 1724, les gantiers parfumeurs se séparent complètement de la corporation des tanneurs. Leurs statuts sont homologués en 1729. Vers 1750 apparaît le procédé de l’enfleurage à froid qui permet d’extraire le principe parfumé des fleurs les plus délicates : fleurs d’oranger, jasmin, tubéreuse. De cette industrie découle une grande prospérité.
Grâce à la révolution industrielle, la synthèse organique industrielle met à la disposition des parfumeurs des synthèses synthétiques, reproductions originales de naturels déjà utilisés en parfumerie. La parfumerie grassoise connaît alors un important développement qui concourt à une expansion de l’artisanat annexe : verriers, ferblantiers, bouchonniers, chaudronniers, imprimeurs, transporteurs... Les années 1850 marquent également la conquête sans partage des marchés mondiaux et le développement des cultures aromatiques dans la région grassoise.


Aujourd’hui, la ville de Grasse a su conserver une place très particulière au " balcon de la Côte d’Azur ". Cette cité possède trois pôles d’activités qui lui assurent une stabilité que les autres villes des Alpes-Maritimes ne possèdent pas. Elle demeure une cité industrielle de premier plan, grâce à la parfumerie et à d’autres industries annexes, récemment implantées. C’est aussi une commune agricole, spécialisée dans la culture florale, élément constitutif du développement de la ville. Enfin, Grasse rassemble des administrations d’Etat, judiciaires et fiscales de la partie provençale du département des Alpes-maritimes dont elle est le chef-lieu : sous-préfecture, tribunal de grande instance.