Au pied du massif de l'Estérel, établie sur une butte de grès dominant les plaines du Reyran et de l'Argens, Fréjus est mentionnée pour la première fois en 43 avant J.-C. dans la correspondance de Cicéron. Située sur la voie Aurélienne, Forum Julii a probablement été fondée par Jules César quelques années auparavant. Chef-lieu de cité et colonie sous l'empereur Auguste, elle s'entoure d'un rempart percé, à l'origine, par trois portes monumentales ouvrant sur le cardo maximus et le decumanus maximus. La ville se dote d'un port d'abord militaire puis commercial (exportation de vin, de saumure et de céramique), qui détermine la vocation maritime de Fréjus pour les siècles à venir. L'occupation des quartiers d'habitation antiques perdure jusqu'à la fin du IVe siècle, mais peu à peu la ville se remodèle autour du groupe épiscopal, la première mention d'un évêché à Fréjus datant de 374. De cet évêché primitif, seul subsiste le baptistère du Ve siècle. Cet ensemble monumental subira de nombreux remaniements tout au long du Moyen Age. La succession des évêques s'interrompt au milieu du VIe siècle pour ne reprendre qu'au XIe siècle. La région subit alors une longue période de crise qui ne se terminera, comme partout ailleurs en Provence, qu'aux abords de l'an mil. Une nouvelle enceinte, très réduite par rapport au tracé antique, vient entourer la petite bourgade agricole. La présence du port contribue à l'exportation des produits locaux, notamment le blé de la vallée de l'Argens, vers le reste de la Provence littorale et la Ligurie ; les textes attestent l'existence de foires tout au long des XIIe et XIIIe siècles.

Mais, à partir du XIII
e siècle, le port commence à s'envaser pour ne plus apparaître sur les plans et dans les textes que sous le toponyme de "l'Etang". Cependant, jusqu'au XVe siècle, Fréjus reste un important centre agricole, les bateaux s'abritant encore dans le port très réduit. Dans le courant du XVe siècle, un nouveau faubourg se développe à l'ouest, à l'extérieur de l'enceinte médiévale. L'ordre des Minimes y édifie la chapelle Saint-François-de-Paule, qui, selon une tradition locale, aurait accosté en 1482 à Fréjus et délivré la ville d'une épidémie de peste. En 1557, la communauté entreprend la construction d'une dernière fortification qui englobe ce nouveau quartier. A partir du XVIe siècle et durant les XVIIe et XVIIIe siècles, le bassin du port se transforme peu à peu en paluds. Des épidémies de fièvres endémiques ravagent la ville entraînant une forte mortalité et une baisse démographique. Le bassin ne sera définitivement comblé et transformé en jardins qu'au début du XIXe siècle.

Durant ce siècle, Fréjus garde son aspect agricole, tout en exploitant les ressources naturelles, notamment le charbon (mines de la vallée du Reyran), l'argile (tuileries-briquetteries de Bellevue et La Palud) et le liège. Dès 1915-1918, à l'initiative du général Galliéni, Fréjus accueille les troupes coloniales venues d'Afrique et d'Indochine. Camps, hôpitaux, centres de formation et lieux de culte constituent alors de véritables quartiers militaires (camp de la Lègue). La ville ne s'ouvre que tardivement au tourisme, cette activité entraîne alors la construction de nouveaux quartiers en front de mer (Saint-Aygulf puis Fréjus-Plage) et dans le massif de l'Estérel (La Tour de Mare). Enfin, dans les années 1980, la réalisation d'un nouveau port permet de renouer avec sa vocation maritime d'antan.
Photos