Arles a une vocation de carrefour. Ce point de rencontre entre une route terrestre reliant l’Italie à l’Espagne et une voie fluviale, le Rhône, n’avait pas échappé aux Grecs, qui, dès le début du VIe siècle avant J.-C. entreprirent de s’implanter en territoire ligure. Un habitat pré-romain, fortement hellénisé a d’ailleurs été mis au jour lors de fouilles récentes. En 49 av. J.-C., César, engagé dans le difficile siège de Marseille, qui avait pris le parti de Pompée, fit appel aux chantiers navals de Trinquetaille pour construire les vaisseaux de guerre dont il avait besoin. Après sa victoire, il envoya en septembre 46 av. J.-C. les vétérans de la VIe légion qui fondèrent une colonie de droit romain dotée d’un immense territoire.

Très vite prospère, la ville s’enrichit de superbes monuments : forum, temples, théâtre, amphithéâtre, cirque, thermes. Sous le règne de Constantin, elle connaît une vigoureuse croissance urbaine sur les deux rives du Rhône, devenant pleinement cette ville double que célébrait le poète Ausone. La prospérité de la société arlésienne s’exprime par le rythme des importations de somptueux sarcophages de marbre. Dès le IIIe siècle l’Eglise d’Arles s’organise. La nécropole chrétienne des Alyscamps, où est enterré Saint-Genest, martyr arlésien, prend une ampleur exceptionnelle.

La cathédrale primitive trouve place près de l’enceinte de la ville. Au V
e siècle, elle est transférée à proximité du forum et prend le nom de Saint-Etienne. C’est à cet emplacement que sera édifiée au XIIe siècle la primatiale Saint-Trophime et les bâtiments canoniaux, autour d’un cloître. Tout près se dressent de nombreuses églises et des couvents dont le plus célèbre est celui de Saint-Césaire. En plein essor économique et géographique, Arles accueille les pèlerins qui se dirigent vers Saint-Jacques de Compostelle. Après une période de récession à la fin du Moyen Age, la ville connaît, au milieu du XVIe siècle, un moment de prospérité où peut s’épanouir une Renaissance toute imprégnée de culture antique. L’un des plus beaux fleurons en est la Tour de l’Horloge, édifiée de 1543 à 1553 sur le modèle du mausolée romain de Saint-Rémy. L’aristocratie fait bâtir de somptueuses demeures qui développent largement l’emploi des ordres, pilastres et chapiteaux sont agrémentés d’une sculpture décorative et raffinée. On copie parfois les vestiges antiques comme à la maison des Amazones ou à l’hôtel de Donine.

La période de reconstruction des XVII
e et XVIIIe siècles a donné à Arles son image actuelle : l’Hôtel de Ville, la plupart des hôtels particuliers, des maisons, des églises bordant les rues du secteur sauvegardé datent de cette époque. Les volutes, rinceaux et lambrequins ornent les façades. Au début du XIXe siècle, l’aristocratie et la bourgeoisie affirment leur goût pour le style classique en élevant de vastes demeures comme l’hôtel de Chartrouse. Les années 1910-1930, voient la construction de villas individuelles “ Art-Déco ” dans le quartier de Chabourlet. Le musée de l’Arles antique construit par Henri Ciriani marque le XXe siècle.
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