Lille est née au Moyen Age. Le premier document, la grande charte, date en effet de 1066. Son nom vient d’Insula puis d’Isle, car la ville doit son origine à un "point de rupture de charge" interrompant le cour navigable de la rivière Deûle. Ceci rendait donc nécessaire le déchargement des bateaux. De cette contrainte, est née une activité commerciale autour d’un premier noyau urbain: un castrum (siège des comtes de Flandre), emplacement de l’actuel îlot Comtesse; un forum, la grande place du marché ; et un suburbium "Fins" à l’emplacement de l’église Saint-Maurice.

 

La ville a gardé du Moyen Age le tracé étroit et sinueux de ses rues pavées et le goût pour le "double parcellaire". La maison avec son pignon sur rue est consacrée au commerce. En arrière, séparées par une cour, peuvent s’élever une deuxième voire une troisième maison. Les constructions en bois sont remplacées à partir du XVIe siècle par la maison en brique, utilisant le grès au rez-de-chaussée. La pierre blanche, calcaire et fragile, sert uniquement de décor, un décor sculpté qui trouve son apogée à la fin du XVIIe siècle. Trois agrandissements successifs au XVIIe siècle ont donné à la ville sa physionomie actuelle. Le premier se fait au sud, autour du collège des Jésuites, transformé plus tard en hôpital militaire; le deuxième vers le nord, dont les portes de Gand et de Roubaix restent les témoins. Le plus important agrandissement intervient après le rattachement de Lille à la France (1667), imposant un urbanisme à la française dans le nouveau quartier royal, lien entre la ville ancienne et la citadelle construite par Vauban.

 

La Révolution française fait disparaître les deux plus belles églises gothiques de la ville. L’immense agrandissement de 1858 correspond à l’essor industriel du Second Empire. La ville annexe cinq communes, trace quarante kilomètres de rues, aménage vingt-deux places. L’arrivée simultanée de nouveaux matériaux inspire les architectes. Naissent ainsi les bâtiments publics tels que les universités, le musée des Beaux-Arts, la préfecture, mais aussi les "châteaux de l’industrie", les très nombreuses maisons bourgeoises et l’habitat ouvrier regroupé autour des usines. Aujourd’hui, la ville, avec ses 172 000 habitants, s’intègre dans une communauté urbaine, se plaçant au 4e rang des métropoles françaises. Le tout nouveau "morceau de la ville", créé au début des années 1990 par de grands architectes et urbanistes, donne à Lille une architecture contemporaine qui lui manquait. La ville retrouve ainsi sa vocation première, une ville de commerce intégrée dans les grands axes de l’Europe du Nord-Ouest, et dont la vieille bourse (1653), incontestablement le plus beau bâtiment de la ville, reste le symbole au centre de la Grand’Place.

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