Figeac est une ville de confins au carrefour de trois régions : le Quercy, le Rouergue et l’Auvergne. Une position géographique avantageuse pour l’économie et le commerce du pays, ajoutée au milieu naturel riche et varié, font du site un lieu idéal pour l’implantation d’une ville et expliquent en partie la rapide croissance de Figeac après sa fondation. Simple lieu de passage à l’époque gallo-romaine, Figeac doit son origine à la fondation de l’abbaye Saint-Sauveur au IXe siècle par le roi d’Aquitaine, Pépin Ier. Deux premiers noyaux de population se forment autour de l’abbaye et sur les pentes de la colline du Puy, au nord. Progressivement, les deux noyaux se rejoignent et la ville s’étend le long des grands axes de communication.

Aux XIIe et XIIIe siècles, Figeac connaît un développement important, signe manifeste d’une grande activité urbaine et d’une certaine vitalité économique. La ville se construit, déborde de ses remparts et accueille les établissements des ordres mendiants. Le centre de gravité se déplace : les nouvelles places publiques du Froment et de l’Avoine se substituent à l’abbaye. Cette évolution traduit la montée du pouvoir laïc face au pouvoir religieux. En 1301, l’abbé de Figeac cède ses droits de justice sur la ville au roi de France, Philippe le Bel. La gestion de Figeac est alors aux mains des consuls. Ceux-ci forment une oligarchie bourgeoise, élue parmi les familles de riches marchands présents aux foires de Champagne, en Flandre ou en Italie. On leur doit les luxueux hôtels particuliers édifiés dans la ville au XIVe siècle. La peste et la guerre de Cent ans marquent la fin de cette période de prospérité dès 1348. La ville ne se relève qu’à la fin du XVe siècle.

De 1576 à 1622, les protestants occupent la ville, détruisant les couvents et les églises paroissiales. Ils transforment le quartier de Notre-Dame-du-Puy : les maisons situées autour de l’église sont rasées pour former le glacis de la citadelle dont on perçoit encore le mur de fortification le long de la rue Saint-Jacques.

Aux XVIIIe et XIXe siècles, dans un souci d’hygiène et d’urbanisme, les édiles modifient la ville, fortement marquée par le Moyen Age. Des ilôts insalubres disparaissent, les remparts sont détruits, les fossés sont comblés et remplacés par des boulevards, des quais-promenade sont aménagés le long du Célé. Avec l’inauguration de la gare ferroviaire en 1862, de nouveaux quartiers s’étendent vers l’ouest où la croissance de l’usine Ratier draine la population active au détriment du centre ancien.
Les premières campagnes de restauration vers 1970 engagent une politique globale de réhabilitation du patrimoine et de revitalisation du centre historique.
Photos