A l’écart des centres urbains (Jublains au nord) mais proche du vicus d’Entrammes, le site est avant tout connu pour son gué sur la voie romaine Corseul-Le Mans et une activité agricole ancienne (fermes gauloises).

 


Les églises, préromanes ou romanes sont caractérisées par la richesse de leurs peintures murales (calendriers de Notre-Dame de Pritz, Saint-Martin, et Saint-Pierre-le-Potier), la sobriété des architectures (Grenoux, Avesnières) et la qualité de la statuaire (chapiteaux zoomorphes d’Avesnières). Cette sobriété se conservera à Laval au travers du gothique angevin (la Trinité).
Marche militaire, la ville trouve son unité dans la fondation du château en 1020 pour Guy Ier de Dénéré qui devient un vassal du comte du Maine. A la fin du XIIe siècle, les troubles locaux et le rôle de frontière de la ville conduisent le seigneur de Laval à ériger un grand donjon circulaire qui porte encore, fait exceptionnel, ses hourds d’origine.
D’abord composée d’ensembles épars (bourg chevrel, bourg hersent, etc.), la ville connaît alors une rapide extension. Elle est ceinte de remparts dès le XIII
e siècle, percés de cinq portes dont seule la porte Beucheresse ou porte des Bucherons subsiste.
Le XV
e siècle marque pour Laval, au sortir des affres de la guerre de Cent Ans (la ville fut prise par les Anglais en 1427), une nouvelle période d’expansion. L’enceinte se voit complétée par une puissante tour d’artillerie, d’un modèle inédit, la Tour Renaise. Les seigneurs, gouverneurs de Bretagne, se font bâtir à grands frais une salle d’apparat près du donjon de leur château. On entreprend de grands travaux sur le site de la collégiale Saint-Tugal, nouvelle nécropole seigneuriale. La ville à pans de bois est en partie reconstruite. L’aristocratie urbaine se fait bâtir en pierre d’élégantes demeures à tourelles qui se concentrent dans la haute ville (rue des Chevaux). Les abbés de Clermont préfèrent, quant à eux, affirmer leur rang par un décor sculpté porté par les pigeatres de leur hôtel à mur-gouttereau sur rue.

 


Le renouveau économique dû à l’expansion de l’activité textile permet désormais d’importer à grands frais le tuffeau de la Loire. Les seigneurs reprennent d’abord le bâti ancien (travées en tuffeau dans la cour du château) puis élèvent une galerie de prestige achevée en 1542. Celle-ci témoigne de l’influence des architectes parisiens du moment (Pierre Lescot) et de la volonté d’une stricte application de la théorie des ordres architecturaux. L’architecture religieuse n’est pas en reste et le collatéral de la Trinité illustre l’évolution du goût au XVIe siècle.
Sur la rive gauche s’élève bientôt l’église Saint-Vénérand (1486-1556) dont la façade pastiche le portail de Saint-André de Mantoue (Alberti). Les vitraux sont réalisés par les ateliers les plus prestigieux du royaume.
L’architecture privée hésite pour sa part entre archaïsme (logis du Grand-Veneur, de style première Renaissance, construit en 1554) et provocation. L’hôtel Boulain reproduit ainsi rive gauche l’élévation raffinée du Château-Neuf seigneurial.

 


Le XVIIe siècle est marqué par les contrecoups des guerres de Religion et malgré la construction en périphérie de couvents importants par les bénédictines, les ursulines (1617), les capucins, l’activité architecturale publique décline. Les revenus demeurent cependant suffisants pour permettre l’érection de retables. La famille Corbineau et surtout le plus illustre de ses représentants, Pierre, réalise de véritables monuments de marbre et de tuffeau qui, parfois, dépassent 14 mètres de hauteur (retable des Cordeliers). En valorisant l’autel et les niches destinées à accueillir les saints vénérés, il met au service de la Contre-Réforme le vocabulaire maniériste de l’école de Fontainebleau dans tout l’ouest français (Le Mans, la Flèche, Angers et Rennes).
Par contraste, l’architecture privée reste modeste. Il faut attendre le XVIII
e siècle pour que les grandes familles bourgeoises enrichies par la toile, les offices ou les forges lancent un important mouvement de construction d’hôtels particuliers urbains. On bâtit à la périphérie de la ville (route du Mans) et surtout sur les hauteurs de la place du Gast qui abrite depuis 1731 la halle aux toiles de Laval. Dotés de parcs à la française (hôtel du Mans de Chalais) ; de façades à balcons en fer forgé parfois ornées des armes du propriétaire (hôtel Perier du Bignon), ils abritent des marchands qui empruntent à l’aristocratie l’usage de la particule. Les folies de la Perrine et surtout de Bel-Air complètent ce paysage idéal.

 


Au sortir de la Révolution, Laval, marquée par la chouannerie, devient le chef-lieu du nouveau département de la Mayenne. Cette reconnaissance politique conduit à la restructuration de la ville. Le préfet Nicolas Harmand ouvre une vaste traverse Paris-Rennes qui évite désormais la vieille ville. Rive gauche sont édifiés une préfecture néoclassique (1808-1818) et un théâtre tandis que rive droite l’axe du pont Napoléon (1815) et la mairie (1826) articulent la nouvelle place principale. La Mayenne est détournée, canalisée et bordée de promenades.
La deuxième partie du XIX
e siècle ne propose plus de programme urbanistique aussi important. On aménage la vieille ville, on construit un viaduc ferroviaire (1855), des quais et des écluses. Les quais sont occupés bien souvent par les bateaux-lavoirs à étages qui permettent de jumeler lavage traditionnel à la rivière et activité de buanderie (Laval en comptera plus d’une vingtaine). Léopold Ridel, jeune architecte d’esprit éclectique se distingue. On lui doit la Caisse d’Epargne, la chapelle Saint-Julien (romano-byzantine) et nombre d’œuvres rationalistes (école, gare des tramways et la nouvelle prison de Laval). Son chef-d’œuvre reste le musée des Beaux-Arts (néogrec) qui ouvre sur le jardin de la Perrine (1885), issu de l’ancienne folie de la Perrine.

 


La ville voit sa croissance se ralentir dès le début du siècle. A l’exception des bains-douches décorés par Isidore Odoricco dans le style viennois (1925) l’architecture publique est peu présente. Aux traditionnelles maisons de style régionaliste s’ajoutent bientôt les premières " habitations bon marché " (HBM) en 1919, qui complètent les programmes sociaux issus du mécénat privé.
La croissance économique des années d’après-guerre change le destin de la ville. Les zones à urbaniser en priorité (ZUP) des Fourches et de Saint-Nicolas (1962) permettent à une architecture de barres et de tours d’imposer de nouvelles normes de confort même si l’habitat pavillonnaire demeure omniprésent (Grenoux et Le Bourny). Les constructions monumentales de style international sont à l’aune de cette époque de progrès : stade lavallois (1971), cité administrative (1972), salle polyvalente (1976), hôpital (1976).
La fin des trente glorieuses est marquée par une diversification de l’architecture locale qui privilégie le matériau (céramique chez Van Treeck, bois chez Perrault) sans nier la monumentalité. Dans la périphérie, l’urbanisme industriel utilise principalement l’acier et le verre (centre Besnier, zone de la Technopole).
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