Le pays de Montbéliard se situe dans la voie de passage naturel est-ouest que forme la porte de Bourgogne, entre les massifs des Vosges au nord et le Jura au sud. A la confluence de deux vallées, l'Allan et la Lizaine, une zone aérée, ouverte, forme un carrefour au centre duquel un plateau calcaire se découpe et dégage un promontoire rocheux abrupt. C'est sur ce promontoire que la ville de Montbéliard se développe: elle est citée dans la "Vie de saint Valbert", abbé de Luxeuil, en 980 comme un oppidum fortifié. Dès le IXe siècle, un château s'installe sur ce site facilement défendable. Aux XIe et XIIe siècles, un quartier se développe autour du château: les premières rues concentriques épousent la forme de l'éperon rocheux. Au cours des XIIIe et XIVe siècles, Montbéliard se dote de deux nouveaux quartiers: Saint-Martin et les Halles. Saint-Martin, autour de l'église catholique et de l'hôtel de ville, est le siège du pouvoir communal qui s'oppose au quartier du Château - où se situe la collégiale Saint-Mainbœuf, siège du pouvoir seigneurial.

 

Le bourg des Halles accueille les foires annuelles, les marchés et s'organise autour d'une halle en bois, siège du pouvoir économique de la cité. Au cours de ses développements, la ville est ceinte de remparts en bois puis en pierre et de fossés en eau alimentés par la Lizaine qui subit quatre dérivations successives. Au XVe siècle, le pays de Montbéliard devient dépendance allemande attachée au comte de Wurtemberg. Au XVIe siècle, les princes de Montbéliard, ducs de Wurtemberg, se convertissent au protestantisme et le pays de Montbéliard adopte la confession luthérienne. Un nouveau quartier, conçu et planifié par un architecte, se crée en périphérie du quartier des Halles: la Neuve-Ville destinée à accueillir les réfugiés protestants chassés de France.

 

On assiste alors à un déplacement du centre de la ville au profit du quartier des Halles qui assure la jonction entre Neuve-Ville et la ville ancienne. L'occupation de la ville par les troupes de Louis XIV entrave le développement de Montbéliard. Cependant, l'armée amorce le démantèlement des murailles qui se poursuit tout au long du XVIIIe siècle. Dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, les industries textiles s'installent. Dès lors, la ville sort de ses murs et des maisons bourgeoises s'installent à flanc de coteaux des collines qui entourent le site.

 

C'est à l'ère industrielle que la ville prend toute son ampleur. Le XXe siècle est marqué par le développement de l'industrie Peugeot sur le site de Montbéliard et Sochaux. Une politique de valorisation du centre ancien s'est mise en place avec l'établissement d'une ZPPAUP.

 

 

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