La présence de l'homme est attestée dès le Paléolithique inférieur. L'étude de l'abri-sous-roche de Rochedanne daté du Paléolithique supérieur montre un réchauffement climatique. La néolithisation est étudiée grâce aux abris-sous-roche de Bavans (5 000 ans av. J.-C.). L'âge des mégalithes est représenté par les dolmens de Santoche et Brevilliers.

 


Le pays se situe aux confins nord-est de la Provincia Séquanorum, région marquée par la confluence de la grande voie militaire romaine, tracée de Lyon vers le Rhin alsacien et la voie secondaire qui relie Soleure (Franches-Montagnes) à Luxeuil, passant par Epomanduodurum (Mandeure). Près d'un ancien sanctuaire celte, Epomanduodurum se développe dans un méandre, sur la rive droite du Doubs. Le théâtre, construit au ier siècle, est le seul monument encore visible de la "Mandeure antique". Adossé à une colline, il se développe sur 142 mètres de diamètre et pouvait accueillir 12 000 spectateurs. Il ne possède pas de mur de scène mais s'ouvre sur l'ancien sanctuaire sur lequel était édifié un temple dédié à Mars.

 


Au cours du Xe siècle, apparaît Montbéliard, premier bourg castral. Cette forteresse carolingienne ou ottonienne, relevant directement de l'empereur, se développe sur un lieu stratégique: un promontoire rocheux dominant la confluence de deux vallées, l'Allan et la Lizaine. Le premier château est édifié dans la partie orientale du promontoire dégageant le reste de l'espace pour l'installation des villageois. D'autres bourgs castraux apparaissent du XIe au XIIIe siècle: Granges, Blamont, Etobon, Clémont, Châtelot, Porrentruy organisent le même type d'acropole que Montbéliard. Le château d'Héricourt, seul site de plaine à proximité de la Lizaine, contrôle la vallée. Ces forteresses deviennent les centres de petites seigneuries autour desquelles apparaissent de nombreux villages qui, avec les troubles, décroissent au profit des villes. Montbéliard s'enrichit de nouveaux quartiers ceinturés de remparts bordés de fossés alimentés par la Lizaine. Les chartes de franchises octroyées en 1283 achèvent d'en faire une ville. Un nouveau château est construit dans la partie occidentale du promontoire rocheux dont subsistent la tour du Puits, le four à pain et la base de la tour Henriette facilement identifiable avec son parement à bossage rustique.

 


Le duc Frédéric de Wurtemberg ouvre le pays aux idées de la Renaissance. Prince bâtisseur, il dote la ville de nombreux bâtiments. Les deux étages supérieurs de la tour Henriette sont réalisés de 1589 à 1591 par l'architecte officiel du duché de Wurtemberg, Georges Beer, maître formateur d'Heinrich Schickhardt. C'est à ce dernier que l'on doit la Junkhaus destinée à loger les courtisans, le collège universitaire voué à la formation des futurs pasteurs, le pont-levis, une ferme modèle "la Souaberie" et un quartier d'accueil des réfugiés protestants : la Neuve-Ville. Ces ouvrages présentent des caractéristiques germaniques très marquées : façades à pignon, rampants des toits ornés de volutes, pavillons d'angles couverts d'un toit à l'impériale... L'œuvre maîtresse de Schickhardt, l'église Saint-Martin est la plus ancienne du culte réformé de France. D'un plan rectangulaire, l'édifice s'élève à la manière d'un temple antique, isolé au milieu d'une place. Sur un haut soubassement, des pilastres toscans rythment la façade et déterminent les travées percées de baies profondes. Des portails architecturés occupent la travée centrale des façades nord, sud et ouest. Les halles, construites de 1536 à 1628, se présentent comme un bâtiment trapu et massif dont la façade, influencée par la Renaissance germanique, est la première de Montbéliard à être symétrique. La maison dite "Forstner" située place Saint-Martin offre une façade divisée par un quadrillage d'ordres superposés selon l'usage antique.

 


Au XVIIIe siècle, une petite bourgeoisie locale liée aux affaires se dote d'hôtels particuliers: l'hôtel de Sponeck et l'hôtel Beurnier-Rossel, situés place Saint-Martin. De type bâlois, le corps de logis donne sur la rue, avec au centre, un portail d'entrée monumental donnant accès à une cour intérieure et aux communs situés dans les ailes en retour qui la délimitent. Un jardin privatif est aménagé sur une parcelle jouxtant l'hôtel. La ville, administrée par le magistrat, reconstruit son hôtel de ville: situé également place Saint-Martin, il est réalisé par l'architecte Philippe de la Guêpière, en grès rose des Vosges et dans le goût néo-classique. L'hôpital, dépendant du magistrat, est reconstruit en 1758 à l'emplacement de l'ancien trop vétuste. Les constructions de cette période s'identifient par des chambranles et des bandeaux délimitant les étages travaillés dans le grès rose vosgien et des fenêtres cintrées. Le corps de logis du château est lui aussi reconstruit dans ce style pour apporter plus de confort et commodités au stathouder Frédéric Eugène de Wurtemberg. Après la Franche-Comté, les Quatre Terres (seigneuries du pays de Montbéliard) et le comté de Montbéliard sont rattachés à la France, respectivement en 1748 et 1793.

 


L'industrie du textile et de l'horlogerie se développe à proximité des cours d'eau. Des filatures se construisent en périphérie de Montbéliard, Héricourt, Hérimoncourt et Audincourt; l'horlogerie, à proximité de la Suisse, à Beaucourt. Les usines en brique et fonte avec toits en shed et cheminées se multiplient. Les industriels achètent des terres pour construire leur "château" - vastes maisons de maîtres dans de grands parcs boisés - et les "casernes" destinées aux ouvriers. Les écoles, temples, églises, salles d'asile, coopératives, cités ouvrières sont réalisés aux abords des usines. Montbéliard sort de son enceinte médiévale et construit de nouveaux quartiers autour des filatures situées sur les bords de l'Allan, à proximité du chemin de fer et de la gare édifiée en 1857. La multiplication des voies de communication comme la destruction des anciennes portes de l'enceinte contribuent à ouvrir la ville. Une nouvelle église, Saint-Maimboeuf, est construite à l'emplacement du collège universitaire. Dominant la ville et le temple Saint-Georges, cet édifice monumental réalisé en grès rose des Vosges, posé sur un haut soubassement, illustre bien la reconquête du catholicisme. Un petit théâtre à l'italienne est construit à l'arrière de l'hôtel de ville.

 


En 1910, les différentes sociétés de la famille Peugeot se regroupent et s'installent sur des terrains marécageux appartenant aux communes de Montbéliard et Sochaux. Avec la croissance de l'industrie automobile, les cités ouvrières se multiplient. A Montbéliard, la cité-jardin de la Citadelle créée en 1930 par l'architecte E. Reess présente des rues concentriques qui s'enroulent en escargot autour d'une place centrale aménagée au sommet de la colline. La construction massive de ZUP entraîne la désertification du centre urbain. Les canaux, anciens fossés des fortifications, sont recouverts (années 50 à 70). La ville se dote de constructions contemporaines: l'université aux portes de la ville, le quartier Velotte et le nouveau siège du district.
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