La ville doit son nom au site où elle s’est implantée: une corniche calcaire qui surplombe le Doubs d’une vingtaine de mètres. Dole, ancien terme celte, désigne en effet une petite hauteur (ou parfois un méandre). Le site n’a cependant aucun caractère défensif et si au XIe siècle, le comte de Bourgogne décide d’y construire un château, c’est d’abord pour pouvoir surveiller le passage sur la rivière. Ainsi se forme un carrefour avec l’ancienne voie romaine menant de Besançon à Chalon. Une population se fixe le long de cette voie qui devient l’artère principale de la ville.

 

Au XIIIe siècle, la vie urbaine s’organise autour du pôle formé par l’église paroissiale et collégiale, les halles, le cimetière, les boucheries. Cette place est réaménagée au début du XVe siècle afin d’y construire un édifice qui abritera les séances du Parlement. Les boucheries sont éloignées et on sépare plus nettement les halles du cimetière. La ville, alors capitale de la Comté, vit un véritable âge d’or. Au XVIe siècle, suite au siège de 1479, de multiples chantiers sont ouverts pour relever la ville: édifices civils, religieux, fortifications... La fondation de nombreuses communautés religieuses fait de Dole un bastion de la Réforme catholique. Au XVIIe siècle, on compte jusqu’à douze couvents dont dix intra-muros. Leur impact sur la vie intellectuelle et spirituelle des habitants se traduit par la place importante qu’ils occupent au sein du parcellaire dolois. Avec la conquête française, Dole perd son rôle de capitale et Louis XIV ordonne la destruction des remparts. La ville est libérée d’un carcan et de nouveaux espaces apparaissent: à l’ouest, une grande promenade publique (le cours Saint-Mauris) puis la place Neuve (place J.-Grévy); à l’est, on édifie le quartier des casernes autour de la place d’Armes (place Précipiano); au bord du Doubs s’implantent des espaces verts (Pasquier, jardin Philippe). Mais, la ville ayant perdu de son importance, les transformations urbaines restent modérées. Les constructions privées sont encore nombreuses car la chambre des comptes retient de riches familles à Dole.

 

Au XIXe siècle, la ville connaît une industrialisation tardive et les nouvelles constructions, le théâtre, la gare, se situent à la périphérie du centre ancien. Celui-ci est fort peu transformé. Ce n’est qu’au début du XXe siècle que les faubourgs se dessinent plus nettement. La ville connaît une très forte période d’expansion dans les années 50; c’est alors que sont édifiés les premiers ensembles H.L.M. Dans les années 1960-70, la ville éclate. De nouveaux axes de circulation permettent d’éviter le centre urbain. On décide la création d’une ZUP dès 1965, appelée les Mesnils-Pasteur, pour répondre à la pénurie de logements. La ville touche désormais les villages environnants. En 1967 est créé le secteur sauvegardé. Ses 114 hectares permettent de protéger toute la vieille ville et ses abords.