Saintes


A l'image de son collègue d’Arles qui a fait travailler des jeunes du quartier Barriol durant les quatre années de construction du Musée de l'Arles antique, l'animateur de Saintes conduit avec des enfants du même âge, un programme s'étalant sur six ans. Le but recherché est d'accompagner les apprentissages scolaires fondamentaux (structuration des notions élémentaires, repérages dans l’espace, lecture...) et le cycle des approfondissements (méthodes d'analyse, conscience du temps, savoirs historiques, sensibilité artistique, écriture, géométrie, calcul...).

Agés seulement de neuf ans à la dernière rentrée, les écoliers peuvent se prévaloir d’avoir reçus quatre ans d’enseignement sur le patrimoine de leur ville. Cette expérience s’inscrit dans un travail sur les cycles de l’école primaire, destiné à répertorier les niveaux d’intérêt, d’une véritable sensibilisation à l’espace, à l’environnement naturel et culturel, et enfin au patrimoine urbain. L’objectif est de parvenir à évaluer l’ensemble d’un cursus complet des cycles 2 (grande section maternelle à CE1 inclus) et 3 (CE2 à CM2), soit sur six ans d’école, et de mesurer ainsi l’efficacité de cet enseignement extérieur au programme scolaire.

Cette expérience unique en France, a débuté à la rentrée 93, avec une classe de 25 enfants de grande section de maternelle. Tout au long des 35 interventions d’une heure, la pédagogie s’est caractérisée par une alternance entre découverte et analyse, en tenant compte des savoirs à acquérir lors de chaque cycle de l’école primaire.

L’institutrice et l’animateur du patrimoine ont tout d’abord sensibilisé les petits à l’espace par différents exercices: on rentre, on sort, on compte ses pas, on va au coin, on poursuit "le chat" sous les tables etc. La première sortie a donné aux enfants des repères culturels et morphologiques. Les écoliers ont travaillé à partir des maquettes d’architecte de leur école flambant neuve et ont apprivoisé les difficiles relations entre le volume d’un bâtiment et sa représentation sur un plan. Leur champ d’étude initial, l’école et son quartier, s’est étendu. A proximité de l’établissement, on a détaillé les fenêtres, poussé les portes, écouté les bruits, ressenti les ambiances.

L’année suivante, en cours préparatoire, l’animateur décompose la trame d’un quartier: les rues, les immeubles les cours et jardins, c’est à dire le bâti et le non-bâti. On détaille l’anatomie de la ville, on découvre les noms qui désignent ses principales parties.

La troisième année, (CE1) la découverte s’approfondit. On affine la typologie des espaces urbains, en incluant les vestiges d’un amphithéâtre gallo-romain, en prenant de la hauteur pour photographier la ville d’un clocher. A chaque étape, on parcourt un peu plus de chemin, avec les jambes et avec la tête.

L’année du CE2 a intéressé les enfants à l’observation du centre ancien, de son bâti, de son parcellaire. Sur la rive droite du fleuve ils ont découvert un ensemble monumental, l’abbaye-aux-Dames, qui a permis de les initier à la dimension historique. L’année s’est achevée sur une vision globale de la ville.

Il est acquis que les enseignants du CM1 sont disposés à prolonger la démarche, qui devrait se terminer en CM2. Cette expérience de "laboratoire pédagogique" devrait connaître un premier bilan en fin de cycle primaire. Entre autres apports indéniables, cette action a considérablement développé l’aisance des enfants dans l’expression orale.


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