De nombreuses traces de l’enceinte du IIIe siècle sont visibles dans le tissu urbain. Celle-ci a permis d’asseoir les fondations de plusieurs édifices au Moyen Age, chevet de la cathédrale Saint-Vincent, tours de l’évêché, de Marcilly, de Saudon, etc. Les collections archéologiques du musée Denon attestent l’importance de la cité antique de Cabilonnum: éléments d’architecture, statuettes figurant des divinités, vases en céramique, en verre ou en métal et, surtout, un “lion terrassant un gladiateur”, chef d’œuvre de la sculpture du Ier siècle.

 


Edifice complexe, la cathédrale Saint-Vincent illustre l’évolution de l’architecture religieuse au Moyen Age, du XIe siècle (base du choeur et des absidioles) aux XVe et XVIe siècles (chapelles aménagées entre les contreforts). Le petit cloître, construit aux XIVe et XVe siècles, a conservé de beaux chapiteaux à motifs végétaux ou historiés. Nombreuses sont les tours du XVe siècle, vestiges d’une riche architecture civile ou militaire. Plusieurs appartenaient à des hôtels seigneuriaux dont elles abritaient les escaliers, tour dite de Coco Louvrier, tour de Saudon, tour de Ville dite Beffroi. La tour de Marcilly signalait la limite du territoire qui relevait de l’évêque face à la ville du comte puis du duc. Le musée Denon réserve une place privilégiée à ses collections médiévales (mobilier funéraire d’époque mérovingienne, éléments d’architecture romans et gothiques, peintures, sculptures et objets d’art dont une croix processionnelle en émail du XIIe siècle).

 


Si l’hôpital, construit au XVIe siècle, ne présente guère d’éléments décoratifs caractéristiques, les verrières provenant de l’ancienne salle des malades et remontées dans la chapelle actuelle illustrent, dans l’esthétique propre à la Renaissance, des scènes de l’histoire de Joseph, Moïse et de la vie du Christ.

 


Les vestiges du couvent des Dames de Lancharres (1647), de l’église des Ursulines (1680), des Oratoriens (1681) témoignent avec l’imposante église abbatiale de Saint-Pierre (fin XVIIe siècle) des nouveautés architecturales qui accompagnent la Réforme catholique. L’architecture civile se renouvelle entièrement, laissant quelques réalisations marquantes, maison de Barthélémy Magnien, dite des Quatre-Saisons (1657), hôtels Noirot (1711), Chiquet (1770), Colmont-Fusselet (1777). Ce dernier est attribué à l’ingénieur Gauthey, auteur de la pharmacie de l’hôpital (1775), de la belle façade néo-classique du théâtre municipal (1778-1784) et des plans du nouveau quartier de la citadelle à la fin de l’Ancien Régime. L’obélisque, érigé en 1788, à l’extrémité du bassin attenant au canal du Centre, demeure un élément majeur du paysage urbain.

 


Des équipements publics nouveaux s’installent dans des édifices néo-classiques: musée Denon, palais de justice, tandis que la cathédrale Saint-Vincent se dote de nouvelles tours (1827-1844). L’architecte Chenavard leur donnera une allure “gothique” novatrice qui n’échappera pas à Victor Hugo. La vitalité de la commande publique s’exprime dans quantité de monuments commémoratifs: statue de Niepce par Guillaume (1855), monuments à Chabas, au docteur Mauchamp, à la Défense (1907), monument aux morts du quai Gambetta par Rochette. Les immeubles bourgeois et les grands magasins du boulevard de la République témoignent de l’éclectisme triomphant de la fin du XIXe siècle.

 


La chapelle de l’école de la Colombière (rue d’Autun) est une oeuvre en béton armé d’Auguste Perret. Le pont Saint-Laurent, détruit en 1944, a été remplacé par un ouvrage traditionnel s’inspirant du pont dessiné par Gauthey en 1780. Avec ses haubans en acier et ses pylônes en béton armé en forme de lyre, le pont de Bourgogne est un ouvrage résolument contemporain inauguré en 1992.
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