Dieu des eaux vives, Belen a donné son nom à Beaune. Ce n’est cependant qu’au milieu du Ier siècle avant Jésus-Christ que l’on peut faire remonter l’histoire de la ville. Les soldats romains bâtirent ici une fortification et s’y installèrent afin de protéger l’intersection de deux voies importantes de l’Empire. La première reliant Lyon à Trèves, la seconde, Besançon à Autun. Ville prospère dès le XIIIe siècle grâce au commerce des vins, cette ancienne capitale du duché de Bourgogne dépasse alors largement les limites de son vieux castrum et s’entoure de la ceinture de remparts que nous lui connaissons actuellement. Cette ceinture sera renforcée au fil des siècles par l’adjonction de grosses tours et de bastions.

La vie s’organise alors à l’intérieur des murailles autour de trois centres principaux:

– la place du marché (actuelle place de la Halle) maintes fois remaniée, mais qui conserve toujours sa vocation première,
– la place Carnot, où se trouvait l’église paroissiale,
– le quartier de la collégiale Notre-Dame, noyau historique de la ville (ancien castrum), qui reste jusqu’à la fin du XV
e siècle le siège du pouvoir politique.

Dans ce même périmètre, se trouvaient rassemblés: le logis des ducs de Bourgogne, le parlement de la province et une église collégiale de première importance. Les rues de Beaune conservent un nombre important d’immeubles anciens, de la maison romane jusqu’à l’hôtel particulier du XVIIIe siècle. Elles sont aussi un témoin important des aménagements successifs de la ville: maisons construites en cercle le long des fossés de l’ancien castrum, parcellaire médiéval encore visible dans certains endroits, alignements des façades au XVIIIe siècle, aménagements urbains des XIXe et XXe siècles. Les édifices publics ponctuent eux aussi le paysage urbain: beffroi du début du XVe siècle, théâtre à l’italienne, palais de justice et halles datant du XIXe siècle, ancien collège de la ville et ancienne poste construits au début du XXe siècle et, extra muros, le palais des congrès bâti en 1990.

Le passé de la ville demeure aussi profondément imprégné par la vie religieuse. Outre la collégiale Notre-dame bâtie aux XII-XIIIe siècles dans le style roman clunisien, un nombre conséquent d’abbayes et des couvents, qui appartiennent actuellement en majorité aux négociants en vins, occupent une place importante dans le tissu urbain. Le patrimoine hospitalier est aussi bien représenté à Beaune par la présence de deux hospices: le plus célèbre étant bien entendu l’hôtel-Dieu, construction du XVe siècle de style franco-flamand, et l’hospice de la Charité particulièrement représentatif de l’architecture du XVIIe siècle. Enfin le petit hôpital du Saint-Esprit, léproserie, dont la fondation remonte au XIIIe siècle.

Les faubourgs de la ville étaient rattachés à diverses églises et fondations conventuelles. Certaines professions s’y trouvaient regroupées: les tanneurs vivaient le long de la rivière dans une série d’habitations spécialement prévues à leur intention, le faubourg Saint-Nicolas, quartiers des vignerons, où l’on trouve encore dans les environs de l’église romane toute une série de maisons typiques de cette activité avec un porche en plein cintre et une large cour entourée de cuveries.

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